
Ugolino di Nerio (Sienne, documenté entre 1317 et 1327)
Cristo crocifisso è i santi Agnese, Maddalena, Nicola, Stefano, Ludovico e Michele arcangelo, v. 1320.
Tempéra sur panneau,
Inscriptions :
Provenance : Acquis de Pietro Massagli en 1884.
Lucques, Museo Nazionale di Villa Guinigi. Inv. 300.
Ce panneau, de forme allongée et étroite, représente un cortège de saints ainsi que le Christ en croix. La partie conservée de l’œuvre montre, dans l’ordre : sainte Agnès, sainte Marie-Madeleine, saint Nicolas, saint Étienne, saint Louis, le Crucifix et l’archange Michel. Chaque figure est représentée à mi-corps et inscrite dans une arcature en plein cintre. Agnès est presque entièrement enveloppée d’un manteau rouge et tient un agneau blanc au sein d’un médaillon sur fond bleu ; la Madeleine est coiffée de longs cheveux bruns ; saint Nicolas porte une robe bleu clair ornée de motifs bleu foncé et de petits détails blancs et rouges ; la robe de saint Étienne est rosée et décorée de fins motifs à la céruse ; la croix figurant sous l’arcature centrale est peinte en bleu, tandis que saint Michel porte une armure brune et arbore des ailes aux nuances rougeâtres à la base et brunes à la partie supérieure. Les auréoles présentent un décor en sgraffito à motifs végétaux ; le nom de chaque saint est inscrit horizontalement à ses côtés, alors que la section du cadre située au sommet du tableau — entre les arcatures — est brun foncé. Deux lignes incisées délimitant la hauteur des inscriptions sont nettement visibles sur le fond d’or. Cette œuvre de grande qualité est attribuée à Ugolino di Nerio et datée d’environ 1320, période durant laquelle l’artiste restait très fidèle au style de Duccio [1]Angelo TARTUFERI, La pittura a Firenze nel Duecento, Florence, Alberto Bruschi Ed., 1990.. Selon ce même spécialiste, il s’agit d’une œuvre autonome — une grande prédelle de retable — qui présentait à l’origine le Crucifix en son centre. Ainsi, contrairement à ce qui avait été avancé précédemment [2]Antonino CALECA, « Tre polittici di Lippo Memmi », Lucca, 1983, p. 197., le tableau ne semble pas avoir appartenu au même ensemble que la Madone provenant de l’ancienne collection Schiff Giorgini, œuvre d’un peintre de la manière de Duccio simplement proche d’Ugolino di Nerio. Le corpus d’œuvres d’Ugolino — récemment reconstitué après une tentative de le scinder en plusieurs sous-groupes (le ‘Maître du polyptyque 39 de la Pinacothèque de Sienne’, le ‘Maître du polyptyque Clark’ et le ‘Maître du panneau du château de Brolio’) — se caractérise précisément par le raffinement et la finesse d’exécution qui transparaissent également dans le panneau de Lucques, en dépit des lacunes dues à son état de conservation actuel.








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