Domenico Beccafumi, « Cornelia »

Domenico Beccafumi (Valdibiena [Montaperti (Sovicille)], entre 1484 et 1486 – Sienne, 1551)

Cornelia (Cornélie), v. 1519.

Huile, à l’origine sur bois, transposée sur toile, 92,1 x 53,3 cm.

Inscriptions :

  • (sur une plaque de pierre posée de travers, dans l’angle inférieur droit) : « ELOQUIO NATOS ALVI CORNELIA GRACCOS / QUI POENOS DOMUIT SCIPIO ME GENUIT » [1]« Moi, Cornélie, j’ai élevé mes fils, les Gracques, par l’éloquence / Scipion, qui dompta les Carthaginois, m’a donné la vie. »

Provenance : Palazzo del Magnifico [2]Mobilier de la chambre nuptiale de Francesco di Camillo Petrucci., Sienne.

Rome, Galleria Doria Pamphilj.

Cornélie (vers 189–100 av. J.-C.), fille de Scipion l’Africain et mère [3]« Dans un livre de recueil de Pomponius Rufus nous lisons que les enfants sont la plus grande parure d’une mère. Une mère de famille campanienne, reçue par Cornélie mère des Gracques, lui montrait ses parures les plus belles de cette époque. Cornélie traîna en longueur la conversation jusqu’à ce que ses enfants rentrent de l’école. « Voilà, dit-elle, mes … Poursuivre, des célèbres tribuns Tibère et Caius Gracchus [4]« Tibérius et Caius Gracchus étaient les fils de Tibérius Gracchus, qui, bien qu’auparavant avait été censeur, deux fois consul, et avait reçu deux fois le triomphe, pourtant était plus renommé et estimé pour sa vertu que pour ses honneurs. Aussi, après la mort de Scipion qui avait vaincu Hannibal, il fut jugé digne d’épouser Cornélie la fille de celui-ci : il n’y avait … Poursuivre, incarne la matrone romaine idéale. Célèbre pour sa sagesse, sa culture grecque et son refus d’épouser un roi, elle a privilégié l’éducation de ses enfants, qu’elle considérait comme sa seule véritable richesse.

Notes

Notes
1 « Moi, Cornélie, j’ai élevé mes fils, les Gracques, par l’éloquence / Scipion, qui dompta les Carthaginois, m’a donné la vie. »
2 Mobilier de la chambre nuptiale de Francesco di Camillo Petrucci.
3 « Dans un livre de recueil de Pomponius Rufus nous lisons que les enfants sont la plus grande parure d’une mère. Une mère de famille campanienne, reçue par Cornélie mère des Gracques, lui montrait ses parures les plus belles de cette époque. Cornélie traîna en longueur la conversation jusqu’à ce que ses enfants rentrent de l’école. « Voilà, dit-elle, mes parures. » Il possède certainement tout celui qui ne désire rien. C’est d’autant plus certain que la propriété des choses, habituellement, disparaît tandis que l’usage d’un bon esprit ne subit pas les chocs d’un sort trop défavorable. Pourquoi importe-t-il de placer les richesses en premier lieu et la pauvreté comme le pire des malheurs? Le front riant des richesses est rempli d’amertume tandis que l’aspect de la pauvreté est beaucoup plus terrible, mais il est rempli de biens solides et sûrs. » VALÈRE-MAXIME, IV, 4 (introduction).
4 « Tibérius et Caius Gracchus étaient les fils de Tibérius Gracchus, qui, bien qu’auparavant avait été censeur, deux fois consul, et avait reçu deux fois le triomphe, pourtant était plus renommé et estimé pour sa vertu que pour ses honneurs. Aussi, après la mort de Scipion qui avait vaincu Hannibal, il fut jugé digne d’épouser Cornélie la fille de celui-ci : il n’y avait aucune amitié entre Scipion et lui, mais c’était plutôt le contraire. On raconte qu’un jour il a trouvé dans son lit un couple de serpents, et que les devins consultés au sujet de ce prodige lui conseillèrent de ne pas les tuer tous les deux ni les laisser s’échapper. Ils ajoutèrent que si le serpent mâle était tué, Tibérius devait mourir, et si c’était la femelle, c’était à Cornélie de mourir. Alors Tibérius, qui aimait très fort son épouse, et pensant, en outre, que c’était à lui de mourir le premier, lui qui était un vieil homme, alors que sa femme était encore jeune, tua le serpent mâle et relâcha la femelle. Peu de temps après il mourut, laissant douze enfants qu’il avait eu de Cornélie.
Cornélie, prenant sur elle-même tout le soin le ménage et l’éducation de ses enfants, se montra une matrone si discrète, une mère si affectueuse et une veuve si magnanime et si noble que Tibérius sembla pour tout le monde avoir fait un choix raisonnable en choisissant la mort pour une telle femme. Quand le roi Ptolémée lui-même lui offrit de partager sa couronne et de l’épouser, elle refusa et choisit plutôt de rester veuve. Elle continua ainsi et perdit tous ses enfants, sauf une fille, qui se maria avec Scipion Emilien, et deux fils, Tibérius et Caius, dont nous allons relater maintenant la vie. On raconte que Cornélia supporta son malheur – la mort de ses deux fils, Tibérius et Caius Gracchus, après beaucoup d’autres deuils – avec noblesse et grandeur d’âme […] Elle passa le reste de sa vie au lieu appelé Misène, sans rien changer à son régime habituel. Elle avait beaucoup d’amis et une grande table pour les accueillir. Elle était toujours entourée de Grecs et de lettrés, et tous les rois recevaient d’elle et lui envoyaient des présents. Elle était très agréable pour ses visiteurs et leur retraçait dans la conversation l’existence et la façon de vivre de son père, l’Africain. » 

PLUTARQUE, Caius Gracchus, I,  XIX, 1-3.

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