
Domenico Beccafumi (Valdibiena [Montaperti (Sovicille)], entre 1484 et 1486 – Sienne, 1551)
Il culto di Vesta (Le culte de Vesta), v. 1519.
Huile sur panneau, 67 x 125 cm.
Provenance : Palazzo del Magnifico [1]Mobilier de la chambre nuptiale de Francesco di Camillo Petrucci., Sienne.
Florence, Collection Martelli.
Selon Ovide, ses origines remontent à l’époque de Romulus, le fondateur de la ville. La légende raconte qu’au cours de son règne, une période prolongée d’infertilité frappa les femmes romaines, les incitant à se rendre en pèlerinage dans le bois sacré de Junon, déesse du foyer. Celle-ci leur aurait enjoint de se laisser « pénétrer par le bouc sacré » — une référence au dieu Faunus Lupercus, divinité des troupeaux et des forêts. Un augure étrusque interpréta la prophétie, sacrifia un bouc et en frappa le dos des femmes avec la peau de l’animal ; dix lunes (soit environ neuf mois solaires) plus tard, elles donnèrent la vie. La légende de la fondation de Rome évoque une louve nommée Luperca qui allaita les jumeaux durant leur petite enfance, faisant ainsi de l’animal un symbole de la cité. Selon une interprétation allégorique, la louve représente une prostituée — les femmes exerçant ce métier étant qualifiées péjorativement de « louves » —, symbolisant ainsi les origines modestes de Rome.
Au-delà de la légende, cette seconde version se rapproche probablement davantage de la réalité, car il est avéré que les peuples voisins — notamment les Sabins, premiers alliés de Rome — pratiquaient des rites similaires. Il est possible qu’après la conquête de la Grèce à la fin de l’époque républicaine, certaines caractéristiques du rite arcadien aient été adoptées, la fête des Lupercales mêlant des éléments issus des deux versions.
Dans l’interprétation romaine, toutefois, la louve n’était pas perçue comme un danger à éloigner, mais plutôt comme une incarnation de Faunus Lupercus, qui avait pris cette forme pour protéger Romulus et Rémus. À l’inverse, une autre interprétation allégorique associe la louve à une prostituée. En assemblant les pièces de ce puzzle mythologique, les Romains se sont probablement livrés à un exercice d’interprétation visant à fusionner en une figure unique la prostituée-louve, symbole de la fertilité humaine, et le dieu-bouc, symbole de la fertilité de la nature.
Selon le récit détaillé de Plutarque, les festivités débutaient par le sacrifice d’un bouc et d’un chien dans la grotte du Lupercal, sur le mont Palatin — l’endroit même où, selon la légende, Romulus et Rémus avaient été allaités par la louve. La cérémonie était officiée par les Luperques, de jeunes prêtres spécifiquement voués à ce culte ; à son issue, deux nouveaux membres — choisis parmi les fils de familles patriciennes — étaient initiés à cette charge sacerdotale.
Les deux nouveaux Luperques s’enduisaient le front du sang des animaux sacrifiés et de lait de chèvre, puis nouaient les peaux des bêtes autour de leur taille en guise de pagne, demeurant nus pour le reste. Affublés de masques de loup — ou, selon d’autres versions, le visage barbouillé de boue — ils couraient autour du Palatin, frappant les femmes croisées en chemin avec les peaux issues du sacrifice. Le spectacle devait manquer de bienséance, car Auguste, soucieux de la moralité publique, confia le rôle des Luperques aux fils de l’ordre équestre, excluant les patriciens de cette pratique qu’il jugeait indigne de leur rang.

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