Benvenuto Cellini (Florence, 1500 – 1571) : « artiste universel aux multiples talents, dessinateur, orfèvre, médailleur, fondeur, sculpteur virtuose, écrivain également, puisqu’il rédigea lui-même un récit de sa vie et des Traités sur l’orfèvrerie, l’art et la sculpture. Orgueilleux et jouisseur, violent jusqu’au crime, haineux envers ses rivaux, parfois menteur, volontiers vantard, l’homme fait preuve d’une irrésistible vitalité, voyageant de Florence à Sienne, Bologne, Ferrare, Mantoue, Venise et Rome, connaissant tour à tour les faveurs de puissants protecteurs dont il se veut le familier, et l’opprobre et les prisons pontificales du Château Saint-Ange, à Rome. Au demeurant, ses œuvres ont marqué leur époque parce qu’il excellait à l’invention, l’imagination et l’expérimentation. Son saisissant Persée en bronze de la loggia dei Lanzi à Florence, exécuté pour Cosme Ier de Médicis, reste le meilleur témoignage de ce talent si particulier. S’il est bon de célébrer sa mémoire en France, c’est que le Florentin fait deux séjours marquants à la cour de France, le premier en 1537, où il rencontre François Ier mais doit s’effacer face à l’hostilité de Rosso, alors tout-puissant à Fontainebleau ; le second en 1540, quand l’amitié d’Hippolyte d’Este, cardinal de Ferrare, lui vaut d’échapper aux condamnations pontificales et de gagner la France, porteur d’un bassin et d’une aiguière de sa confection qui séduisent immédiatement le roi. François Ier lui demande d’exécuter pour lui douze statues monumentales de dieux et de déesses, candélabres destinés à éclairer sa table à Fontainebleau. Il dote l’artiste d’une confortable pension et, pour plus de commodité, l’installe avec ses deux compagnons, Ascanio De Mari [1]Ascanio di Giovanni Mari ou Ascanio da Tagliacozzo (Tagliacozzo, 1524 – Paris ?, – …) : orfèvre. Il entra très jeune dans l’atelier de Benvenuto Cellini à Rome. Malgré quelques différends avec son maître, dûment relatés dans la Vita (*), il lui resta toujours fidèle ; Cellini l’emmena avec lui en France, à la cour de François Ier. … Poursuivre et Paolo Romano [2]Paolo Romano : il a travaillé, aux côtés d’un autre compagnon, Ascanio da Tagliacozzo, dans l’atelier parisien de Cellini, et vécut et travailla aux côtés du maître à l’hôtel de Petit-Nesle, à Paris, où Cellini réalisa des œuvres majeures telles que le Jupiter en argent. Documentation historique : sa figure apparaît directement dans les pages de la célèbre … Poursuivre, dans l’hôtel du Petit-Nesle [3]Petit-Nesle : dépendance de l’ancien Hôtel de Nesle médiéval et de sa célèbre tour (*), qui se trouvaient au XIIIe siècle à l’emplacement actuel de l’Institut de France sur les quais de la Seine. Le domaine s’est scindé au fil du temps en plusieurs parties, dont le Petit-Nesle, qui a disparu lors de la construction du Collège des Quatre-Nations (devenu … Poursuivre, sur les rives de la Seine, face au Louvre. C’est là que Cellini réalise la fonte d’un Jupiter d’argent portant la foudre dans sa main droite, impressionnant candélabre « aussi grand que le roi » que les fontes d’argenterie ont fait disparaître vingt ans plus tard, à l’époque des guerres de religion. C’est là qu’il cisèle également ce qui reste son chef-d’œuvre d’orfèvre, une précieuse salière en or émaillé sur socle d’ébène [4]Benvenuto Cellini, Saliera. Vienne, Kunsthistorisches Museum. où se font face deux statuettes de Neptune et d’Amphitrite, symboles de la Mer et de la Terre, au-dessus d’un peuple grouillant de monstres et de créatures marines et terrestres parmi lesquelles on reconnaît l’Éléphant fleurdelysé, image puissante et flatteuse inspirée par le profil de François Ier. Offerte en 1570 à Ferdinand d’Autriche, la salière a échappé aux fontes françaises et se trouve maintenant conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne. » [5]Michèle BIMBENET-PRIVAT, « Benvenuto Cellini. Florence, 11 mars 1500 – Florence, 14 février 1571 », France Archives, Portail des Archives nationales. En ligne : https://francearchives.gouv.fr/pages_histoire/38802
Œuvres citées dans le texte
- Saliera. Vienne, Kunsthistorisches Museum.
- François Ier. Lyon, Musée des Beaux-arts.
Notes
| 1↑ | Ascanio di Giovanni Mari ou Ascanio da Tagliacozzo (Tagliacozzo, 1524 – Paris ?, – …) : orfèvre. Il entra très jeune dans l’atelier de Benvenuto Cellini à Rome. Malgré quelques différends avec son maître, dûment relatés dans la Vita (*), il lui resta toujours fidèle ; Cellini l’emmena avec lui en France, à la cour de François Ier. C’est à lui qu’il légua le Petit Nesle, un château situé au cœur de Paris que le roi avait concédé à Cellini, au moment de son départ pour Florence. Ascanio demeura ainsi à Paris, où il servit également Henri II, fils de Francois Ier. Il épousa Costanza, fille du sculpteur Girolamo della Robbia, qui avait séjourné quelque temps au Petit-Nesle. |
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| 2↑ | Paolo Romano : il a travaillé, aux côtés d’un autre compagnon, Ascanio da Tagliacozzo, dans l’atelier parisien de Cellini, et vécut et travailla aux côtés du maître à l’hôtel de Petit-Nesle, à Paris, où Cellini réalisa des œuvres majeures telles que le Jupiter en argent. Documentation historique : sa figure apparaît directement dans les pages de la célèbre autobiographie de Cellini (la Vita) ainsi que dans les documents d’archives relatifs aux paiements et aux pensions royales accordés aux artistes de la cour de France. |
| 3↑ | Petit-Nesle : dépendance de l’ancien Hôtel de Nesle médiéval et de sa célèbre tour (*), qui se trouvaient au XIIIe siècle à l’emplacement actuel de l’Institut de France sur les quais de la Seine. Le domaine s’est scindé au fil du temps en plusieurs parties, dont le Petit-Nesle, qui a disparu lors de la construction du Collège des Quatre-Nations (devenu l’Institut de France) au XVIIe siècle.
(*) La Tour de Nesle était une des tours d’angle de l’enceinte de Paris de Philippe Auguste, construite au début du XIIIe siècle. |
| 4↑ | Benvenuto Cellini, Saliera. Vienne, Kunsthistorisches Museum. |
| 5↑ | Michèle BIMBENET-PRIVAT, « Benvenuto Cellini. Florence, 11 mars 1500 – Florence, 14 février 1571 », France Archives, Portail des Archives nationales. En ligne : https://francearchives.gouv.fr/pages_histoire/38802 |
