Reine de Saba

La reine de Saba est mentionnée dans divers passages de la Torah, de l’Ancien et du Nouveau Testaments et du Coran comme ayant régné sur un royaume qui se serait étendu du Yémen au nord de l’Éthiopie et en Érythrée.

Selon Flavius Josèphe [1]FLAVIUS JOSÈPHE, Antiquités judaïques, 8, 165–173., la reine de Saba était reine d’Égypte et d’Éthiopie. Il situe son royaume à Méroé dans la Nubie éthiopienne et nomme la reine de Saba Nicaulis [2]FLAVIUS JOSÈPHE, Antiquités judaïques, 8. 6, 2-6. [3]André CHASTEL, « La légende de la Reine de Saba », Revue de l’histoire des religions, vol. 119 (1939), p. 225.. Cette interprétation faisant de la reine de Saba une Égyptienne trouve sa source dans des textes grecs antiques, notamment des commentaires d’Hérodote (II, 29) ayant associé au pays de Saba le royaume soudanais de Méroé situé entre l’Égypte et l’Abyssinie et décrit par Diodore de Sicile (III, 17). Des récits ultérieurs fondés sur cette tradition grecque et sur l’interprétation de Flavius Josèphe considèrent la reine de Saba comme la fille du Pharaon, dont le mariage avec Salomon est mentionné dans I, R 3, 1 : « Salomon s’allia par mariage avec Pharaon, roi d’Egypte. Il prit pour femme la fille de Pharaon. »

Le compte rendu le plus détaillé de la visite de la reine de Saba au roi Salomon est donné au VIIIe siècle dans le Targoum Sheni, un développement du Livre d’Esther. Ce récit, qui embellit le récit biblique avec une grande quantité d’informations apocryphes, contient un récit de la visite de la reine de Saba au Roi Salomon, qui voit le roi commander à une armée impressionnante d’animaux, d’oiseaux et d’esprits démoniaques comme à ses sujets.

Une huppe informe Salomon que le royaume de Saba est le seul royaume dont le peuple ne lui est pas sujet et que sa reine idolâtre le soleil. Il renvoie alors l’oiseau à Kitor, dans le pays de Saba. Dans la lettre qu’il a attachée à son aile, le roi ordonne à la reine de venir à lui en tant que sujet. En réponse, elle lui envoie tous les bateaux de la mer chargés de cadeaux et de 6 000 jeunes de taille égale, tous nés à la même heure et habillés de vêtements pourpres. Ils portent avec eux une lettre déclarant que la reine arrivera à Jérusalem dans trois années quand le voyage en prend normalement sept. Quand cette dernière arrive et se rend au palais de Salomon, elle confond le sol en miroir avec de l’eau. Elle soulève donc le bas de sa robe et découvre ses jambes. Salomon l’informe de son erreur et la réprimande sur ses jambes velues. La reine lui demande de résoudre trois énigmes, selon le Midrash, essentiellement pour éprouver sa sagesse, avant de lui rendre hommage. La Jewish Encyclopedia caractérise ce récit comme un « midrash authentique et exubérant », avec un développement libre, d’un genre qui n’est pas inhabituel dans la littérature rabbinique.

Notes

Notes
1 FLAVIUS JOSÈPHE, Antiquités judaïques, 8, 165–173.
2 FLAVIUS JOSÈPHE, Antiquités judaïques, 8. 6, 2-6.
3 André CHASTEL, « La légende de la Reine de Saba », Revue de l’histoire des religions, vol. 119 (1939), p. 225.

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