
Neri di Bicci (Florence, 1418 – 1492)
San Giovanni Gualberto in trono, Santi e Beati vallombrosani (Saint Jean Gualbert trônant entouré de saints et de bienheureux vallombrosains), 1455.
Fresque détachée, 485 x 454 cm.
Inscriptions :
- (sur le livre ouvert tenu par le saint) : « (D)EUM TE/METE FR/ATERNI/TATEM / DILIGI/TE // TERREN/A ISTA / VERO NIC/HILO COMPU/TATE » [1]« Deum timete, fraternitatem diligite, terrena ista vero nichilo computate (*) » : « Craignez Dieu, aimez la fraternité, et ne faites vraiment aucun cas des choses terrestres » (ou « considérez ces choses terrestres comme un néant »). (*) Sentence religieuse adaptée d’un verset de la première épître de Pierre (?) : « Omnes honorate fraternitatem diligite … Poursuivre
Provenance : cloître de l’ancien couvent vallombrosain de San Pancrazio [2]Cette fresque détachée provient de l’ancien couvent vallombrosain supprimé de San Pancrazio, à Florence. Dans le cloître, l’œuvre était demeurée dissimulée derrière une paroi vitrée, exposée à la poussière et à l’humidité ainsi qu’aux émanations de tabac accumulées lorsque les lieux servaient de manufacture. À la demande du père Nocioni, de Santa … Poursuivre, Florence.
Florence, Basilique de Santa Trinità.

Saint Jean Gualbert, fondateur de l’ordre, est représenté trônant, devant une tenture dorée dans une ouverture architectonique illusionniste en forme de coquille Saint-Jacques, tenant par sa main la crosse en équerre d’une canne étouffant les deux serpents de la simonie et du nicolaïsme qu’il combattait ; il est entouré à droite et à gauche des saints de sa congrégation. Certains tiennent à la main leur coiffe cardinalice, d’autres portent la mitre épiscopale, ou tiennent le bâton, tous portent la robe de bure bénédictine.
Neri di Bici, auteur de cette fresque, décrit minutieusement l’œuvre dans ses Ricordanze (Mémoires) du 1er mars 1455 ; il la considère comme la plus importante de sa production et indique s’être mis d’accord avec le commanditaire, l’abbé de San Pancrazio Don Benedetto Toschi, sur le montant de la rémunération (159 lires). De fait, par rapport aux autres créations du peintre, cette œuvre est conçue dans une veine grandiose, s’inspirant de l’architecture brunelleschienne, bien que celle-ci soit traitée de manière plus superficielle par l’ajout d’une décoration exubérante. Le commanditaire figure sur la fresque, agenouillé en bas à gauche. Le peintre est le dernier représentant d’une famille d’artistes florentins ; il a succédé à son père, Bicci di Lorenzo, à la tête de l’atelier vers 1455. Bien qu’au fait des innovations de la Renaissance, il reste attaché — dans une production qui demeure extrêmement uniforme au fil des ans — à un goût plus traditionnel, prisé de la clientèle moins cultivée pour laquelle il travaillait.
Notes
| 1↑ | « Deum timete, fraternitatem diligite, terrena ista vero nichilo computate (*) » : « Craignez Dieu, aimez la fraternité, et ne faites vraiment aucun cas des choses terrestres » (ou « considérez ces choses terrestres comme un néant »). (*) Sentence religieuse adaptée d’un verset de la première épître de Pierre (?) : « Omnes honorate fraternitatem diligite Deum timete regem honorificate » (« Honorez tout le monde ; aimez les frères ; craignez Dieu ; honorez le roi. »). 1 P 2, 17. |
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| 2↑ | Cette fresque détachée provient de l’ancien couvent vallombrosain supprimé de San Pancrazio, à Florence. Dans le cloître, l’œuvre était demeurée dissimulée derrière une paroi vitrée, exposée à la poussière et à l’humidité ainsi qu’aux émanations de tabac accumulées lorsque les lieux servaient de manufacture. À la demande du père Nocioni, de Santa Trinità, la Surintendance autorisa le détachement de cette grande fresque ; après restauration, celle-ci a été installée au début de l’année 1973 dans la chapelle Compagni, à l’occasion du neuvième centenaire de la mort du saint fondateur de l’ordre des Vallombrosains. |

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