Rocca di Tentennano

Forteresse de Tentennano

Piazzale Aleardo Monaci, 15. Località Rocca d’Orcia.

Informations :

  • Horaires :
    • d’avril à septembre
      • tous les jours : 10:30 – 13:00 et 14.30 – 18:00.
    • d’octobre à mars
      • ouverture en fin de semaine ; horaires selon la météo. 
    • du 25 décembre au 6 janvier
      • tous les jours : 10.30 – 16.30.
    • Pour les groupes, ouverture possible à d’autres périodes sur réservation préalable.

Se rendre sur place :


« Il nostro Salvatore m’ha posta in su l’isola, e da ogni parte tutti i venti percuotono. » [1]« Notre Sauveur m’a placé sur l’île, et les vents vienne de toute part la percuter. » Caterina da Siena (XIVe s.), « Lettera 178. A Monna Alessa. Dalla Rocca. Avvento 1377 », dans Federico Burlamacchi (dir.), Epistole della serafica vergine Caterina da Siena, I, Milan, Tipografia e Libreria Pirotta & C, 1842, p. 169. En juin 1377, alors en … Poursuivre

La haute tour des Tentennano ou Tintinnano [2]Le nom « Tentennano », documenté sous la forme médiévale « Titinianum », pourrait dériver de l’étrusque « Tinia », c’est-à-dire Jupiter, le père des dieux. Diverses hypothèses ont être émises : l’éperon rocheux aurait pu attirer la foudre lancée par Tinia ; le site pourrait avoir accueilli un sanctuaire de Tinia (nous sommes … Poursuivre s’élève au sommet d’un éperon rocheux étroit et abrupt, « percuté de toute part par les vents », qui a fait de cette forteresse le seul appareil de défense fortifié du Val d’Orcia à n’avoir jamais été pris par la force. La topographie des lieux explique à elle seule les raisons qui ont conduit à la construction d’un tel ouvrage militaire à cet emplacement : depuis le sommet du gros rocher calcaire, on pouvait aisément contrôler la traversée du Val d’Orcia sur la Via Francigena située en contrebas, ainsi que l’accès aux gorges de la rivière, par lesquelles passaient les voies de communication vers et en provenance de la Maremme.

REPÈRES HISTORIQUES
en quelques dates

867 ap. J.-C.Les premières informations concernant la forteresse remontent à un parchemin datant de cette année, dans lequel est mentionné un « Arx Titinnano », suggérant qu’il s’agissait alors déjà d’une place fortifiée. Cependant, les documents les plus anciens connus à ce jour sont les diplômes des empereurs Louis Ier, fils de Charlemagne, et de Lothaire (années allant de 816 à 837 après J.-C.) font état d’un lieu appelé Tribbinano dans cette zone. Ce n’est qu’à partir de 867 que le toponyme « Tintinnano » commence à apparaître.
915L’empereur Bérenger [3]Bérenger Ier de Frioul ou Bérenger Ier d’Italie (Cividale del Friul, v. 845 – Vérone, 924) : marquis du Frioul (874-924), roi d’Italie (888-915) et empereur d’Occident de 915 à sa mort en 924. sanctionne par diplôme les droits du monastère de San Salvatore de l’Amiata sur la cour de San Clemente à Tintinnano.
Vers 1100La Rocca di Tentennano appartient dès cette époque à une branche des seigneurs d’Ardenga, qui ont pris le titre de comtes de Tintinnano. En 1153, en effet, un certain Obicio Tiniosi Comes de Tintinnano apparaît dans un acte signé par le pape Eugène III.
1153Un certain Obicio Tiniosi, comte de Tintinnano, apparaît dans un acte signé par le pape Eugène III.
Au début du Moyen Âge, vers l’an 800 après JC, la route qui fut plus tard appelée Via Francigena prit une grande importance dans le Val D’Orcia. Parallèlement, sont nés les Châteaux, construits pour défendre la route, ce qui avait certes un effet protecteur, mais pas seulement pour les voyageurs. Les populations locales, en effet, ont commencé à aller vivre sous leurs murs pour se protéger, comme les poussins se protègent de la poule, et les villages que nous voyons encore aujourd’hui dans la région se sont formés.
1250-1258La fortification se développe principalement au cours de ces années, alors que le monument est devenu possession de la municipalité de Sienne.
1274L’édifice est vendu à la famille Salimbeni, en échange du soutien des Siennois (qui maintiennent le contrôle tout au long du XIVe siècle) contre les Guelfes florentins lors de la bataille de Montaperti.
1419Le rôle de la Rocca di Tintinnano, point fort de la puissante famille dominant une grande partie du Val d’Orcia, provoque des frictions avec les Siennois qui, après un dur conflit, réussissent à reprendre possession de la fortification grâce à un traître qui ouvrit les portes, battant définitivement la famille Salimbeni et la force à l’exil.


Les premières informations concernant la forteresse remontent à un parchemin datant de 867 après J.-C. dans lequel apparaît un « Arx Titinnano », ce qui suggère qu’il s’agissait alors déjà d’une place fortifiée. En 915, l’empereur Bérenger, avec un diplôme, sanctionna les droits du monastère de San Salvatore dell’Amiata sur la cour de S. Clemente à Tintinnano. Mais vers 1100, la Rocca di Tentennano appartenait déjà à une branche des seigneurs d’Ardenga, qui prirent alors le titre de comtes de Tintinnano. En 1153, en effet, un certain Obicio Tiniosi Comes de Tintinnano apparaît dans un acte signé par le pape Eugène III.
Cependant, les documents les plus anciens que nous connaissons, à savoir les diplômes des empereurs Louis Ier, fils de Charlemagne, et Lothaire (années de 816 à 837 après JC) font état d’un lieu appelé « Tribbinano » dans cette zone. Ce n’est qu’à partir de 867 que le toponyme « Tintinnano » commence à apparaître.

Au début du Moyen Âge, vers l’an 800 après JC, la route qui fut plus tard appelée Via Francigena prit une grande importance dans le Val D’Orcia. Parallèlement, sont nés les Châteaux, construits pour défendre la route, ce qui avait certes un effet protecteur, mais pas seulement pour les voyageurs. Les populations locales, en effet, ont commencé à aller vivre sous leurs murs pour se protéger, comme les poussins se protègent de la poule, et les villages que nous voyons encore aujourd’hui dans la région se sont formés.

La fortification s’est développée principalement dans les années 1250-1258, lorsqu’elle est devenue possession de la municipalité de Sienne. En 1274, elle fut vendue à la famille Salimbeni, en échange du soutien des Siennois (qui maintinrent le contrôle tout au long du XIVe siècle) contre les Guelfes florentins lors de la bataille de Montaperti.

La Rocca di Tintinnano était le point fort de la puissante famille qui dominait une grande partie du Val d’Orcia. Cela provoqua pas mal de frictions avec les Siennois qui, après un dur conflit, réussirent à reprendre possession de la fortification en 1419 (grâce à un traître qui ouvrit les portes), battant définitivement la famille Salimbeni et la forçant à l’exil.

Le système de défense de la forteresse fait partie intégrante de celui du village en contrebas. Un premier circuit mural (en partie encore visible aujourd’hui) entourait Rocca d’Orcia et la reliait à la forteresse. Un deuxième circuit entourait le sommet de l’éperon rocheux, auquel on accédait par une porte dont seuls quelques vestiges sont encore visibles. Il s’agissait de la cour extérieure de la fortification, dans laquelle se trouvaient divers bâtiments aujourd’hui disparus.

Une fois entrée dans les propriétés de Sienne, la forteresse fut utilisée comme sentinelle de la vallée. Elle servit à des fins de guerrières pour la dernière fois au XVIe siècle, lors du conflit qui conduisit à l’annexion de l’État de Sienne à celui de Florence. Cette fois aussi, la conquête de la forteresse ne s’est pas faite par la force mais grâce à la trahison de certains occupants qui ont ouvert les portes pendant une nuit. Au cours des siècles suivants, n’ayant plus d’importance militaire et en raison du développement de nouvelles armes à feu, Tintinnano fut abandonnée. La forteresse est également célèbre pour avoir accueilli sainte Catherine de Sienne en 1377 [4]Voir note 1., qui, selon la légende, apprit ici à lire et à écrire grâce à un miracle.

A l’extrémité nord de la cour une série d’escaliers mène au donjon qui constituait le cœur de la forteresse. Il s’agit d’une zone pentagonale entourée de puissants bastions qui conservent encore une partie de leurs créneaux. La porte d’accès au donjon a été détruite mais il est toujours possible d’accéder au passage de patrouille. De là, grâce à un escalier en fer placé lors des récentes restaurations, on entre dans la tour par une porte en plein cintre. L’accès initial se faisait par un escalier roulant en bois, qui était retiré en cas de danger. Le torrione est également construit sur un plan pentagonal et comporte deux étages intérieurs. Sa fonction, outre celle d’observation, était de servir de logement au commandement et de dernier bastion défensif. Les murs ont une épaisseur d’environ trois mètres, visible grâce aux ouvertures créées dans la maçonnerie, et les pièces intérieures sont dotées de splendides voûtes en berceau. L’étage supérieur est particulièrement intéressant, divisé en deux pièces, où l’on peut voir l’embouchure d’une citerne qui garantissait l’approvisionnement en eau et un four encastré dans le mur. On accède au toit-terrasse depuis la seconde pièce. La vue sur la vallée y est proprement magnifique.

Notes

Notes
1 « Notre Sauveur m’a placé sur l’île, et les vents vienne de toute part la percuter. » Caterina da Siena (XIVe s.), « Lettera 178. A Monna Alessa. Dalla Rocca. Avvento 1377 », dans Federico Burlamacchi (dir.), Epistole della serafica vergine Caterina da Siena, I, Milan, Tipografia e Libreria Pirotta & C, 1842, p. 169. En juin 1377, alors en mission auprès de la famille Salimbeni, Caterina Benincasa, future sainte Catherine de Sienne, résida à Rocca d’Orcia, hôte de Bianchina Salimbeni. Elle s’était chargée de contribuer à faire la paix entre deux branches de la famille siennoise Salimbeni après qu’un différend ait surgit entre Agnolino et Cione qui se disputaient la propriété d’un château. Commencée et juin, cette mission se termina à la fin de l’Avent de l’année 1377.
2 Le nom « Tentennano », documenté sous la forme médiévale « Titinianum », pourrait dériver de l’étrusque « Tinia », c’est-à-dire Jupiter, le père des dieux. Diverses hypothèses ont être émises : l’éperon rocheux aurait pu attirer la foudre lancée par Tinia ; le site pourrait avoir accueilli un sanctuaire de Tinia (nous sommes proches d’Amiata, la « Montagne Sacrée » des Étrusques…)..
3 Bérenger Ier de Frioul ou Bérenger Ier d’Italie (Cividale del Friul, v. 845 – Vérone, 924) : marquis du Frioul (874-924), roi d’Italie (888-915) et empereur d’Occident de 915 à sa mort en 924.
4 Voir note 1.

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