Sources écrites de l’épisode de la Déposition de la Croix

Pour les trois Évangiles synoptiques, le corps du Christ est descendu de la croix par le seul Joseph d’Arimathie. Jean utilise un pluriel (« ils prirent donc le corps de Jésus ») [1]Jn 38, 40. qui induit la présence de plusieurs participants. Tous concordent en situant l’événement à la nuit tombante.

Évangile selon Matthieu :

« Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin. Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir. Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie, qui s’appelait Joseph, et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus. Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus. Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette. Prenant le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé, et le déposa dans le tombeau neuf qu’il s’était fait creuser dans le roc. Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau et s’en alla. » [2]Mt 27, 40-46.

Évangile selon Marc :

« Il y avait aussi des femmes, qui observaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé, qui suivaient Jésus et le servaient quand il était en Galilée, et encore beaucoup d’autres, qui étaient montées avec lui à Jérusalem. Déjà il se faisait tard ; or, comme c’était le jour de la Préparation, qui précède le sabbat, Joseph d’Arimathie intervint. C’était un homme influent, membre du Conseil, et il attendait lui aussi le règne de Dieu. Il eut l’audace d’aller chez Pilate pour demander le corps de Jésus. Pilate s’étonna qu’il soit déjà mort ; il fit appeler le centurion, et l’interrogea pour savoir si Jésus était mort depuis longtemps. Sur le rapport du centurion, il permit à Joseph de prendre le corps. Alors Joseph acheta un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un tombeau qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau. » [3]Mc 15, 40-46.

Évangile selon Luc :

« Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. » [4]Lc 23, 50-53.

Évangile selon Jean :

« Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. » [5]Jn 19, 38-40.

Les apocryphes ne sont guère plus éloquents que les textes canoniques :

Évangile de Nicodème : [6]« Évangile de Nicodème », chap. 11, Écrits apocryphes chrétiens, Pierre Geoltrain et Jean-Daniel Kaestli (dir.), Paris, Gallimard (Collection « Bibliothèque de la Pléiade »), tome 2, 2005, p. .

« Et voici qu’un homme nommé Joseph, homme juste et bon, et qui n’avait point eu part aux accusations et aux méchancetés des Juifs, et qui était d’Arimathie, ville de Judée, et qui attendait le royaume de Dieu, demanda à Pilate le corps de Jésus. Et l’ôtant de la croix, il le plia dans un linceul bien net, et il le déposa dans un tombeau tout neuf qu’il avait fait construire pour lui-même, et où nul n’avait été enseveli. 

Brigitte de Suède (Les Révélations), en se faisant plus précise, donne de précieuses indications – qu’elle tient, selon la tradition, de la Vierge elle-même (!) – susceptibles d’être reprises par les peintres :

« Ces deux qui l’ôtaient et le descendaient de la croix, appliquaient trois échelles : l’une aux pieds, la deuxième au bras, la troisième au corps. Le premier monta et le tenait au milieu. Le deuxième, montant par l’autre échelle, arracha un des clous de la main ; après, ayant appliqué son échelle de l’autre part, il arracha l’autre clou de sa main, ces clous qui passaient outre la croix. Celui donc qui soutenait le corps descendait peu à peu, comme il pouvait, pendant que l’autre montait à l’échelle des pieds, et arracha les clous des pieds ; et s’approchant de la terre, un d’eux soutint le corps par la tête. » [7]Sainte Brigitte de Suède, Les Révélations, I, 2 (traduites par Me Jacques Febraige, docteur en théologie), Avignon, Seguin aîné, 1850, mise en ligne : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/SainteBrigitte/Table.htm.

Notes

Notes
1 Jn 38, 40.
2 Mt 27, 40-46.
3 Mc 15, 40-46.
4 Lc 23, 50-53.
5 Jn 19, 38-40.
6 « Évangile de Nicodème », chap. 11, Écrits apocryphes chrétiens, Pierre Geoltrain et Jean-Daniel Kaestli (dir.), Paris, Gallimard (Collection « Bibliothèque de la Pléiade »), tome 2, 2005, p. .
7 Sainte Brigitte de Suède, Les Révélations, I, 2 (traduites par Me Jacques Febraige, docteur en théologie), Avignon, Seguin aîné, 1850, mise en ligne : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/SainteBrigitte/Table.htm.

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