Barthélémy (parfois mentionné sous le nom de Nathanaël), apôtre. Son nom figure dans les listes d’apôtres que l’on trouve dans les trois évangiles synoptiques [1]Mt 10, 2-3 ; Mc 3, 16-19 et Lc 6, 13-16. ainsi que dans les Actes des Apôtres [2]Ac 1, 13.. Les informations concernant Barthélémy sont peu nombreuses dans les textes canoniques. L’Evangile selon Jean évoque le jour où, après Pierre et André, l’apôtre est appelé par le Christ :
« Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : ‘Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth.’ Nathanaël réplique : ‘De Nazareth ! Peut-il sortir de là quelque chose de bon ?’ Philippe répond : ‘Viens, et tu verras.’ Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare : ‘Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir’ [3]Jn 1, 47. Cet éloge fera dire à saint Augustin : « Glorieux témoignage qui ne fut rendu ni à André, ni à Pierre, ni à Philippe, et dont Nathanaël est jugé digne » SAINT AUGUSTIN, Commentaire de l’évangile de Jean VII, 16.. Nathanaël lui demande : ‘Comment me connais-tu ?’ Jésus lui répond : ‘Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu.’ Nathanaël lui dit : ‘Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! c’est toi le Roi d’Israël !’ Jésus reprend : ‘Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore.’ Et il ajoute : ‘Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’homme’ ». [4]Évangile selon Jean (Jn 1, 45-51).
Selon la Légende dorée, l’apôtre aurait été écorché vif, crucifié et décapité [5]Jacques de Voragine cite des sources contradictoires, les uns prétendant que Barthélémy fut écorché par le roi Astyage, pour le punir d’avoir converti son frère, d’autre affirmant qu’il fut crucifié (saint Théodore) ou décapité. « On peut concilier ces opinions différentes, en disant qu’il fut d’abord crucifié, ensuite qu’il fut descendu de la croix avant de mourir, et … Poursuivre : « Il y a différentes opinions sur le genre de la passion de saint Barthélemy car le bienheureux Dorothée dit qu’il fut crucifié. Voici ses paroles : “Barthélemy prêcha aux Indiens et il traduisit dans leur langue l’Évangile selon saint Mathieu. Il s’endormit à Albane, ville de la grande Arménie, et fut crucifié la tête en bas.” Mais saint Théodore dit qu’il fut écorché. Cependant, dans beaucoup de livres, on lit qu’il fut seulement décapité. On peut concilier ces opinions différentes, en disant qu’il fut d’abord crucifié, ensuite qu’il fut descendu de la croix avant de mourir, et que pour ajouter à ses tortures, il fut écorché et, qu’en dernier lieu, il eut la tête tranchée. » [6]Jacques de Voragine, La Légende dorée.
Iconographie
Barthélémy est représenté sous l’apparence d’un homme dans la force de l’âge [7]Comme toujours, la Légende dorée vient en aide aux peintre en leur fournissant les détails dont ils ont besoin. S’agissant de l’apparence physique de l’apôtre Barthélémy, ces détails, particulièrement précis, sont fournis par le démon en personne : « Il a les cheveux crépus et noirs, le teint pâle, les yeux grands, le nez régulier et droit, la barbe longue et mêlée de … Poursuivre :
- brun (plus rarement grisonnant) et barbu
- vêtu de la toge antique mais aussi, quelques fois, entièrement nu
- portant
- un coutelas, instrument de son martyre (parfois remplacé par un sabre ou une épée)
- la dépouille de sa propre peau (il aurait été écorché vif)
Scènes de la vie de l’apôtre
- Naissance de Barthélémy.
- Il délivre du démon la fille du roi Polimius. [8]« En apprenant cela, le roi de ce pays, nommé Polimius, qui avait une fille lunatique, envoya prier l’apôtre de venir chez lui et de guérir, sa fille. L’apôtre étant venu chez le roi, et voyant sa fille enchaînée, parce qu’elle déchirait par ses morsures ceux qui l’approchaient, ordonna de la délier ; et comme les serviteurs n’osaient l’approcher, il dit : … Poursuivre »
- Barthélémy devant Astyage [9]Astyage, dernier roi des Mèdes, ancien peuple qui vivait sur les terres de l’actuel Iran, il règne de 585 à 550 av. J.-C., roi de la Grande Arménie [10]« Tous les pontifes des temples s’assemblèrent et allèrent trouver le roi Astyage, son frère. Ils portèrent contre l’apôtre des plaintes concernant la perte de leurs dieux, la profanation du temple et la séduction magique qu’on avait exercée contre le roi. Alors le roi Astyage indigné fit partir mille hommes armés pour prendre l’apôtre. Quand il eut été amené au … Poursuivre
- Supplice de Barthélémy. [11]« Comme l’apôtre parlait encore, on annonce au roi que son dieu Baldach s’était renversé et brisé en morceaux. A cette nouvelle, le roi déchira la robe, de pourpre dont il était revêtu ; ensuite il fit fouetter l’apôtre avec des verges, et commanda qu’on l’écorchât vif. Mais les chrétiens enlevèrent son corps, et l’ensevelirent avec honneur. Quant au roi … Poursuivre
- Décapitation de Barthélémy. [12]Voir note 2.
Notes
| 1↑ | Mt 10, 2-3 ; Mc 3, 16-19 et Lc 6, 13-16. |
|---|---|
| 2↑ | Ac 1, 13. |
| 3↑ | Jn 1, 47. Cet éloge fera dire à saint Augustin : « Glorieux témoignage qui ne fut rendu ni à André, ni à Pierre, ni à Philippe, et dont Nathanaël est jugé digne » SAINT AUGUSTIN, Commentaire de l’évangile de Jean VII, 16. |
| 4↑ | Évangile selon Jean (Jn 1, 45-51). |
| 5↑ | Jacques de Voragine cite des sources contradictoires, les uns prétendant que Barthélémy fut écorché par le roi Astyage, pour le punir d’avoir converti son frère, d’autre affirmant qu’il fut crucifié (saint Théodore) ou décapité. « On peut concilier ces opinions différentes, en disant qu’il fut d’abord crucifié, ensuite qu’il fut descendu de la croix avant de mourir, et que pour ajouter à ses tortures, il fut écorché et qu’en dernier lieu, il eut la tête tranchée. » |
| 6↑ | Jacques de Voragine, La Légende dorée. |
| 7↑ | Comme toujours, la Légende dorée vient en aide aux peintre en leur fournissant les détails dont ils ont besoin. S’agissant de l’apparence physique de l’apôtre Barthélémy, ces détails, particulièrement précis, sont fournis par le démon en personne : « Il a les cheveux crépus et noirs, le teint pâle, les yeux grands, le nez régulier et droit, la barbe longue et mêlée de quelques poils blancs, la taille bien prise ; il est revêtu d’une robe sans manches avec des nœuds couleur de pourpre, son manteau est blanc, garni de pierres précieuses couleur de pourpre à chaque coin. Depuis vingt ans qu’il les porte, ses habits et ses sandales ne s’usent ni ne se salissent. Chaque jour il fléchit les genoux cent fois pour prier, et autant pendant la nuit. Les anges voyagent avec lui, et ils ne le laissent pas se fatiguer, ni avoir faim. Son visage est toujours le même, toujours il est joyeux et gai. Il prévoit tout, il sait tout. Il connaît et comprend les langues de tous les pays, et ce que je vous dis en ce moment, il le sait, déjà ; quand vous le cherchez, s’il le veut, il se montrera à vous, mais, s’il ne le veut pas, vous ne pourrez le trouver. Or, je vous prie, quand vous l’aurez rencontré, conjurez-le de ne pas venir ici de peur que ses anges ne me fassent ce qu’ils ont déjà fait à mon compagnon. » |
| 8↑ | « En apprenant cela, le roi de ce pays, nommé Polimius, qui avait une fille lunatique, envoya prier l’apôtre de venir chez lui et de guérir, sa fille. L’apôtre étant venu chez le roi, et voyant sa fille enchaînée, parce qu’elle déchirait par ses morsures ceux qui l’approchaient, ordonna de la délier ; et comme les serviteurs n’osaient l’approcher, il dit : “Déjà je tiens enchaîné le démon qui était en elle, et vous craignez ?” On la délia et elle fut délivrée. » Jacques de Voragine, La Légende dorée. |
| 9↑ | Astyage, dernier roi des Mèdes, ancien peuple qui vivait sur les terres de l’actuel Iran, il règne de 585 à 550 av. J.-C. |
| 10↑ | « Tous les pontifes des temples s’assemblèrent et allèrent trouver le roi Astyage, son frère. Ils portèrent contre l’apôtre des plaintes concernant la perte de leurs dieux, la profanation du temple et la séduction magique qu’on avait exercée contre le roi. Alors le roi Astyage indigné fit partir mille hommes armés pour prendre l’apôtre. Quand il eut été amené au roi, celui-ci lui dit : “Es-tu celui qui a perverti mon frère ?” L’apôtre répondit : “Je ne l’ai pas perverti, mais je l’ai converti.” Le roi lui dit : “De même que tu as fait que mon frère abandonnât son Dieu pour croire au tien, de même aussi je te ferai abandonner ton Dieu pour sacrifier au mien.” L’apôtre repartit : “Le Dieu qu’adorait ton frère, je l’ai lié, et je l’ai fait voir lié ; après quoi je l’ai forcé à briser la statue de l’idole : si tu parviens à en faire autant à mon Dieu, alors tu pourras m’inviter à adorer la statue, sinon, de mon côté, je briserai tes dieux et tu croiras au mien.” » |
| 11↑ | « Comme l’apôtre parlait encore, on annonce au roi que son dieu Baldach s’était renversé et brisé en morceaux. A cette nouvelle, le roi déchira la robe, de pourpre dont il était revêtu ; ensuite il fit fouetter l’apôtre avec des verges, et commanda qu’on l’écorchât vif. Mais les chrétiens enlevèrent son corps, et l’ensevelirent avec honneur. Quant au roi Astyage, et aux pontifes des temples, ils furent saisis par les démons et ils moururent : mais le roi Polimius fut ordonné évêque et après avoir rempli avec honneur pendant vingt ans, le ministère épiscopal, il mourut en paix et plein de vertus. » |
| 12↑ | Voir note 2. |
