Dietisalvi di Speme, « Madonna col Figlio e due Angeli »

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Guido da Siena ? (actif au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle) ou, plus probablement, Dietisalvi di Speme (actif à Sienne de 1250 à 1291)

Madonna col Figlio e due Angeli ou Madonna di San Bernardino (Vierge à l’Enfant et deux anges ou Madonne de saint Bernardino), 1262.

Tempéra sur bois, 142 x 100 cm.

Inscriptions : en 1933, Cesare Brandi [1] a découvert dans un document notarié que l’œuvre comportait, à l’origine, l’inscription suivante, écrite en lettres d’or sur le dossier du trône de la Vierge : « ISTA TABULA EST FRATERITATIS BEATAE MARIAE SEMPER VIRGINISQUAM FECIT FIERI IN A.D. MCCLXII »

Provenance : Église siennoise de Santa Marie degli Angeli, depuis dédiée à San Bernardino. Don de l’abbé Ciaccheri.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Le sujet est directement hérité du modèle de la Vierge Hodigitria qui, dans l’iconographie byzantine, désigne son Fils de la main droite. Celui-ci tient le rouleau de la Loi. Dans l’iconographie traditionnelle de la Vierge, celle-ci porte une robe rouge couleur qui renvoie à sa nature humaine, et un manteau bleu, couleur de la divinité. La tradition veut que ce modèle remonte au portrait de la Vierge qu’aurait peint saint Luc, portrait réputé avoir disparu lors de la prise de Constantinople (1453).

Le style archaïsant de cette œuvre est à mettre en rapport avec la Madonna de l’église de Santa Maria dei Servi de Sienne, peinte par le florentin Coppo di Marcovaldo afin de racheter sa liberté après son emprisonnement par les siennois (fig. 1).

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“Les recherches minutieuses que Luciano Bellosi (1991) a menées sur les artistes siennois de la seconde moitié du XIIIe siècle ont permis de rendre à Dietisalvi di Speme la paternité de l’œuvre (elle était auparavant attribuée à Guido da Siena). La survivance de certains archaïsmes, qui disparaissent dans la production ultérieure, situe bien son exécution en 1262, c’est-à-dire au début de la carrière de l’artiste. Parmi ces archaïsmes, il faut mentionner, par exemple, le graphisme des notations anatomiques, l’utilisation de chrysographies [2] sur les surfaces chromatiques des vêtements, ainsi que les motifs propres à la tradition byzantine, comme les anges des deux médaillons.” [3]

Fig. 1. Coppo di Marcovaldo, Madonna col Bambino ou Madonna del Bordone, église de Santa Maria dei Servi, Sienne.

[1] BRANDI (L’Arte), 1933, p. 3.

[2] Chrysographie : Écriture en lettres d’or employée dans certaines œuvres ou certains manuscrits précieux (byzantins et carolingiens). Concerne ici le graphisme d’or avec lequel sont rendus les plis des vêtements.

[3] SCALINI – GUIDUCCI 2015, p. 86.

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