Guido da Siena, « Madonna col Bambino e i Santi Francesco, Giovanni Battista, Giovanni Evangelista, Maria Maddalena »

Guido da Siena (actif à Sienne dans la seconde moitié du XIIIe siècle)

Madonna col Bambino e i Santi Francesco, Giovanni Battista, Giovanni Evangelista, Maria Maddalena (Vierge à l’Enfant et les saints François, Jean Baptiste, Jean l’Evangéliste, Marie Madeleine), 1270 (daté).

Inscriptions (au bas du cadre) : « … X AMENIS QUE X[RIS]T[US]S LENIS NULLIS VELIT ANGERE PENIS ANNO D[OMI]NI MILLESIMO DUCENTESIMO SEPTUAGESIMO »

Tempéra et or sur bois, 96 x 186 cm.

Provenance : Église de San Francesco, Colle di Val d’Elsa.

Sienne, Pinacothèque Nationale.

De part et d’autre de la Vierge à l’Enfant vue à mi-buste sont représentés, de gauche à droite, les saints :

Il s’agit à nouveau d’un dossal dont les deux extrémités ont été découpées avec une maladresse telle que les figures de François et de la Madeleine ont été endommagées. Il est probable que deux figures de saints aient été placées aux extrémités et qu’elles aient été supprimées à cette occasion.

L’inscription constituée d’une série de lettres pseudo coufiques évoque en la répétant à la lettre celle qui accompagne la Maestà, également de la main de Guido da Siena, visible dans l’église de San Domenico à Sienne. [1]

Longtemps considérée avec un relatif mépris après qu’elle ait rejoint les collections de l’Istituto di Belle Arti, ancêtre de la Pinacoteca Nazionale, en 1867, l’œuvre jouit dorénavant d’appréciations qui rendent compte de sa beauté et de son caractère très particulier. La somptuosité et la richesse avec laquelle le dossal a été exécuté sont dorénavant mises en parallèle avec celles de la Madonna del Bordone de Coppo da Marcovaldo (Sienne, Église des Servi), notamment en raison du luxe matériel de l’ornementation que venait augmenter les pierres précieuses et les pâtes de verre logées dans les alvéoles, ainsi que le travail relevant de l’orfèvrerie (malheureusement presque entièrement perdu) auquel s’apparentait le traitement du fond d’or. “Le clair-obscur délicat à la manière de Cimabue ne cache pas le style linéaire du peintre (on observera, à titre d’exemple, le visage de la Madeleine, rendu au moyen de délicats filaments colorés, mais défini par des étendues géométriques nettes).” [2]

[1] L’inscription présente sur la Maestà de San Domenico est la suivante : “ME GUIDO DE SENIS DEPINXIT AMENIS : QUEM XR[I]S[TUS] LENIS NULLIS VENIT ANGERE PENIS – ANNO D[O]M[INI] CCXXI”

[2] Sylvia Giorgi, in BAGNOLI-BARTALINI-BELLOSI-LACLOTTE 2003, p. 64.