Maestro di Città di Castello, « Madonna col Bambino e i Santi Agostino, Paolo, Pietro, Antonio Abate. Polittico di Crevole »

fullsizeoutput_3269

  • ‘Maestro di Città di Castello’ (disciple de Duccio, actif entre la fin du XIIIe siècle et le début du XIVe siècle)

Madonna col Bambino e i Santi Agostino, Paolo, Pietro, Antonio Abate (Vierge à l’Enfant et les saints Antoine, Paul, Pierre, Antoine Abbé) ou Polittico di Crevole (Polyptyque de Crevole), entre 1312 et 1325.

Tempéra et or sur panneaux, l’ensemble : 118 x 205 cm.

Inscriptions : voir chaque panneau ci-après.

Provenance : Pieve di Santa Cecilia, Crevole presso Murlo (Sienne).

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Dans chaque cuspide des panneaux latéraux figure un Ange à mi-corps.

Œuvre d’un peintre inconnu auquel a été donné le nom de ‘Maestro di Città di Castello’, ce retable a été longtemps exposé sur les murs de la Pinacothèque Nationale sans le panneau central alors conservé à quelques centaines de mètres, au Museo dell’Opera del Duomo. L’ensemble a fort heureusement pu être reconstitué pour être aujourd’hui présenté dans sa quasi totalité.

On sait à quel point il est possible de se méprendre en regardant une Vierge à l’Enfant de la fin du Moyen âge. Les innombrables exemples rencontrés dans ce guide nous apprennent qu’il nous faut considérer l’image non pas comme une sorte de scène de genre figurant un instant d’amour maternel, mais comme la figuration prémonitoire d’un drame à venir, celui de la Passion du Christ : il est essentiel de comprendre que les deux protagonistes présents, en raison de leur statut divin, savent quelle sera la destinée de l’Enfant qui vient de naître.

La scène que nous regardons constitue une nouvelle, et splendide, déclinaison du thème. Cette fois, l’insistance porte sur le geste spécifique du Christ agrippant le voile de sa Mère, qui est aussi une  évocation par anticipation de celui de la Vierge lorsque, arrivée au sommet du Golgotha, elle verra son fils mis à nu. Dans un ultime geste de dignité, elle s’emparera alors de son propre voile pour dissimuler l’insupportable nudité de son Fils. Ce même voile, le perizonium, que les Evangiles Apocryphes indiquent comme étant celui que Marie portait à même la tête, sous son manteau rabattu.

Les cinq panneaux représentent respectivement (de gauche à droite) :

On notera que, comme dans toutes les peintures de cette époque représentant une réunion de saints autour des figures du Christ ou de Marie, les personnages latéraux ont le corps et le regard systématiquement orientés vers ces derniers en signe de respect.

Delà même manière, il est courant que les premiers retables peints à Sienne n’utilisent pas la même échelle pour figurer la Vierge, au centre, et les saints de l’art et d’autre.