Retable

Le retable est une structure ornementale comportant un décor peint et/ou sculpté, installée sur la table d’autel, en arrière et au-dessus de celui-ci.

La fonction du retable est multiple : ornemental, liturgique, pédagogique, il sert également à conserver les reliques des saints à partir de l’époque où se développe leur culte. Il en résulte une multiplication des autels dédies aux saints à l’intérieur des édifices religieux, et par là, l’augmentation du nombre d’images nécessaires à la dévotion.

Étapes succinctes de l’évolution de la structure du retable

À partir du XIIIe siècle, apparaît, au-dessus de l’autel, un ornement constitué d’un panneau unique à l’instar de l’antependium dont il conserve le format rectangulaire, mais qui voit son sommet se plier à la manière d’un fronton triangulaire. C’est une nouvelle fois l’emplacement du panneau à l’arrière de l’autel qui détermine l’appellation : retable (du latin médiéval retro tabula). L’Italie donne à ce premier type de retable le nom de dossale qui, en histoire de l’art, présente l’avantage de distinguer la structure propre aux premiers retables apparus (ex. Guido da Siena, Madonna col Bambino e i Santi Paolo, Pietro, Giovanni, Andrea. Sienne, Pinacoteca Nazionale).

Guido da Siena, Madonna col Bambino e i Santi Paolo, Pietro, Giovanni, Andrea. Sienne, Pinacoteca Nazionale.

A Sienne, les premiers retables comportent diverses figures religieuses, peintes la plupart du temps. L’iconographie s’organise autour d’une image principale, généralement celle de la Vierge à l’Enfant encadrée de part et d’autre de figures de saints.

Le retable [2] ne tarde pas à acquérir une structure plus complexe du fait de l’adjonction d’un registre supérieur, composé de cuspides, où vient prendre place une seconde série de figures [1] qui continuent à être vues à mi-corps mais sont de dimensions moindres. Le support de l’ensemble n’est plus constitué d’un panneau unique mais de l’assemblage de plusieurs tableaux (ex. : Duccio di Buoninsegna, « Madonna col Bambino e i Santi Agostino, Paolo, Pietro, Domenico » ; ‘Maestro di Città di Castello’, « Madonna col Bambino e i Santi Francesco, Giovanni Evangelista, Stefano, Chiara »).

Duccio di Buoninsegna, « Madonna col Bambino e i Santi Agostino, Paolo, Pietro, Domenico. » Sienne, Pinacoteca Nazionale.
‘Maestro di Città di Castello’, « Madonna col Bambino e i Santi Francesco, Giovanni Evangelista, Stefano, Chiara. » Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Un troisième registre peut alors venir s’ajouter aux deux précédents : en même temps que l’iconographie du décor gagne en complexité, il devient nécessaire de faire appel à des structures de renforcement telles que les pilastres pour consolider l’assemblage et en garantir la stabilité (ex. : Duccio di Buoninsegna, « Madonna col Bambino e i Santi Agnese, Giovanni Evangelista, Giovanni Battista, Maria Maddalena »).

Duccio di Buoninsegna, « Madonna col Bambino e i Santi Agnese, Giovanni Evangelista, Giovanni Battista, Maria Maddalena. » Sienne, Pinacoteca Nazionale.

À ce stade de l’évolution de la structure du retable, c’est l’histoire du polyptyque qui a commencé …

[1] La place centrale au sein du premier registre demeure réservée à la Vierge tandis qu’apparaît la figure du Christ dans la cuspide située au-dessus.

[2] Retable : le terme générique français renvoie à une catégorie d’œuvres que l’on appelle pala ou pala d’altare en italien