Sant’Agostino (église de)

L’église augustinienne est dédiée aux Santi Filippo e Giacomo Minore degli agostiniani mais ici, tout le monde l’appelle église de Sant’Agostino par facilité de langage.

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La construction date de la fin du XIIIe s. et du début du XIVe. [1] En 1291, l’évêque de Sienne Ranaldo concède une indulgence à quiconque contribuera à la construction de l’église et en 1334, c’est le recteur de l’Hôpital de la Miséricorde (Spedale della Misericordia) de Montalcino qui lègue par testament une partie importante de ses biens pour pourvoir à l’achèvement de l’édifice.

Le bâtiment a subi de nombreuses vicissitudes au cours des siècles. La plus dommageable a eu lieu, comme cela est, hélas, fréquemment arrivé, aux XVIIe et XVIIIe siècles lorsque, pour mettre l’édifice à la mode du temps, de nouvelles fenêtres, de style baroque, ont été ouvertes, causant la destruction d’une grande partie des fresques du Trecento ornant les parois de la nef.

Il faut attendre l’année 1904 pour qu’une première tranche de travaux de restauration soit entreprise. Conduite entre 1904 et 1912 sous l’autorité de l’architecte Lorenzo Porciatti [2], elle représente la première tentative visant à redonner à l’église sa beauté originelle. C’est, notamment au cours de cette campagne de travaux que fut restaurée la rosace de marbre de la façade et initiée la restitution du porche gothique (celle-ci ne sera achevée qu’avant la seconde guerre mondiale).

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Fig. 1

Eglise de Sant’Agostino (photographie ancienne) ; noter la chapelle en excroissance sur le flanc gauche, ajoutée à une période tardive et détruite en 1937)

La première guerre mondiale ayant donné lieu à l’interruption du chantier de restauration, l’église fut utilisée pendant toute cette période comme magasin de l’armée, puis comme caserne de fantassins.

Les travaux de remise en état reprirent à partir de 1934. C’est à cette occasion que les autels baroques totalement en disharmonie avec le style du monument furent détruits et remplacés par les ceux visibles aujourd’hui. Ces derniers sont réalisés en travertin de Rapolano et mieux adaptés au style de l’édifice dont la restauration cherche à retrouver l’aspect qu’il avait au XIVe siècle. C’est également au cours de cette tranche de travaux que la chapelle débordant sur le flanc gauche, adjonction tardive (voir photo ci-dessus), fut abattue ; le remplage de pierre se distingue encore sur le mur extérieur.

La dernière campagne de restauration, toujours en cours en septembre 2018 s’agissant des fresques du chœur, a porté jusqu’ici sur les façades extérieures et sur les fresques qui ornent les parois à l’intérieur. Elle avait été précédée, entre 1996 et 2004 d’importants travaux d’assainissement et de réfection des structures.

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La façade est de style roman enrichi d’éléments architectoniques gothiques (porche et rosace de marbre blanc restitués entre 1904 et 1912). Sa simplicité géométrique et linéaire contraste avec l’intérieur de l’édifice dont les murs sont ornés de nombreuses œuvres, plus particulièrement dans l’abside où l’on admire un ensemble de fresques du XIVe siècle attribuées, notamment, à Bartolo di Fredi. [3]

Le décor intérieur

Les scènes peintes à fresque dans l’église de Sant’Agostino :

[1] La date 1360, réapparue sous la fresque figurant Santa Caterina di Alessandria située sur la paroi droite de l’église constitue un repère important de datation.

[2] Lorenzo Porciatti (Cana, 3 septembre 1864 – Grosseto, 17 mars 1928) : architecte, urbaniste et restaurateur ayant œuvré principalement dans la Maremma Grossetana et la région de Sienne.

[3] Bartolo di Fredi ou Bartolo di Fredi Cini (Sienne, 1330 – Massa, 26 janvier 1410) : peintre siennois, sans doute formé dans les ateliers de Simone Martini puis des frères Lorenzetti, actif dans la seconde moitié du Trecento, enparticulier à Montalcino où il a réalisé de nombreux travaux dans les années 1380, époque où la ville, sous la domination de la République de Sienne, a connu une période de développement culturel et économique remarquable.