‘Maestro degli Albertini’, “Madonna col Bambino”

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Maestro degli Albertini [1] (Sienne, actif au début du Trecento, ou XIVe s.)

Madonna col Bambino (Vierge à l’Enfant)

Tempéra sur panneau, dimensions ?

Provenance : Acquis en 1906 de la famille Desideri, de Sienne.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

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Le ‘Maître des Albertini’ est un peintre anonyme actif entre 1290 et 1320, considéré comme l’un des premiers émules de Duccio, au même titre que le ‘Maître de Città di Castello’ ou le ‘Maître de Badia a Isola’.

Ce serait une erreur de regarder l’œuvre comme s’il s’agissait d’une scène de genre. Il convient de porter sur elle un regard éclairé, considérant le fait que ce type de représentation, au-delà de la scène d’amour maternel (une mère porte son bébé dans les bras), donne à voir sur le mode allusif la Passion à venir de cet enfant d’origine divine et de naissance miraculeuse, au travers d’indices identifiables. La signification profonde de ce thème iconographique exige qu’on n’omette pas de regarder les deux protagonistes comme ce qu’ils sont selon la légende chrétienne : un dieu incarné et sa mère terrestre. Quoi de surprenant à ce qu’ils aient la prescience de la destinée du Christ ?

L’image reprend les caractéristiques du modèle byzantin de l’odigitria, y compris dans le traitement caractéristique du dessin des plis de la robe au moyen de la technique de dorure a mordente. Cependant, le peintre, ici, adapte son modèle grâce à une infime adaptation du geste de la main droite de la Vierge, qui, dans le modèle byzantin, désigne le fils de Dieu qu’elle porte contre elle : Marie relève légèrement l’avant-bras, permettant ainsi à son fils d’attraper son pouce dans une sorte de réflexe typique des nouveaux-nés, ajoutant à la figure maternelle désincarnée des Vierges byzantines une dimension humaine qui est une véritable nouveauté.

Au geste de l’enfant répond celui, maternel de sa mère qui, en l’enveloppant de la main gauche dans son manteau, protège l’enfant fragile et nu.

Le mauvais état de conservation du fond d’or, et les graves pertes qu’il a subis contribuent à renforcer involontairement l’atmosphère dramatique de la scène.

[1] Voir : « Maestro degli Albertini ».