Auteur inconnu, « La dama dal manto trapunto d’oro »

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Office de la Biccherna

Auteur inconnu

La dama dal manto trapunto d’oro (La dame au manteau brodé d’or)

1422, terminus post quem

Archivio di Stato di Siena, n° 23.

Inscriptions :

« PROVISIONI CONTRA LE DONNE DEL PORTARE VESTIMENTI DI SETA [FIN]E E VELLUTI, DRAPPI, PANNI RACHAMATI O VERAMENTE PROFILATI D’ORO O D’ARIENTO » [1]« Dispositions contre les femmes portant des vêtements de soie fine et de velours, de draps, de tissus brodés ou vraiment tissés d’or et d’argent. »

Provenance : Archives de l’ancien Etat de Sienne.

Sienne, Palazzo Piccolomini, Archivio di Stato, Museo delle Biccherne [2]http://archiviodistatosiena.cultura.gov.it/.

L’espace est principalement occupé par la représentation d’une dame somptueusement vêtue d’un manteau d’or recouvert de diamants, doublé de blanc et laissant apparaître une roble bleu turquoise. Cette dame, située dans un contexte indéfinissable, tourne le regard vers un soleil irradiant de ses rayons, et semble vouloir le défier et rivaliser avec lui.

Si la tablette provient bien du bureau de la Biccherna, elle ne constitue pas la couverture d’un registre de cette administration mais d’un registre appartenant à la série dénommée « Marcatura delle vesti », relative à la législation sur les dépenses somptuaires, comme l’indique l’inscription. Cette législation faisait obligation à tout citoyen de la ville de déclarer la possession des vêtements particulièrement précieux auprès de la Biccherna qui ne manquait pas de les inscrire dans le registre prévu à cet effet. Au XVe siècle, cette obligation devint une manière de contenir les excès dans une ville dont l’économie avait entamé son déclin. Les statuts de Sienne étaient particulièrement loquaces sur la question des vêtements : ils précisaient la valeur et le nombre de bagues que chaque citoyen était autorisé à porter, ils interdisaient l’usage de soie rehaussée de fils d’or ou d’argent, de boutons en perle, de gants et de ceintures agrémentés de pierres précieuses. [3]Sur les statuts de Sienne, voir Maria A. Ceppari Ridolfi, « Un caso toscano : Siena », dans Maria G. Muzzarelli, Antonella Campanini (dir.), Disciplinare il lusso. La legislazione suntuaria in Italia e in Europa tra medioevo ed età moderna, Rome, Carroci, 2003, pp. 59-75. Mario Ascheri indique qu’un fonctionnaire de la Commune était chargé du surveiller l’application des normes vestimentaires. [4]Mario ASCHERI, Storia di Siena: dalle origini ai nostri giorni, Pordenone, Edizioni Biblioteca dell’Immagine, 2013. On l’appelait le « Donnaio » mot intraduisible, quelque peu ironique, forgé à partir de « donna » (femme).

Notes

Notes
1 « Dispositions contre les femmes portant des vêtements de soie fine et de velours, de draps, de tissus brodés ou vraiment tissés d’or et d’argent. »
2 http://archiviodistatosiena.cultura.gov.it/
3 Sur les statuts de Sienne, voir Maria A. Ceppari Ridolfi, « Un caso toscano : Siena », dans Maria G. Muzzarelli, Antonella Campanini (dir.), Disciplinare il lusso. La legislazione suntuaria in Italia e in Europa tra medioevo ed età moderna, Rome, Carroci, 2003, pp. 59-75.
4 Mario ASCHERI, Storia di Siena: dalle origini ai nostri giorni, Pordenone, Edizioni Biblioteca dell’Immagine, 2013.

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