Sano di Pietro, « Il camarlingo si lava le mani. La Vergine protegge Siena »

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Office de la Biccherna

Sano di Pietro

Il camarlingo si lava le mani. La Vergine protegge Siena (Le trésorier se lave les mains – La Vierge protège Sienne)

1451

52 x 32,8 cm.

Archivio di Stato di Siena, n° 29

Provenance : famille Piccolomini

Inscription :

« QUESTA SI E’ L’ENTRATA E L’USCITA DE LA GENERALE BICHERNA COMINCIATA NEL .MCCCCL. A DI PRIMO DI GENAIO E FINITO A DI ULTIMO DI DICENBRE .MCCCCLI. AL TENPO DE’ SAVI HUOMINI GHINO DI PETRO BELANTI CHAMARLENGHODI SER STEFANO DI SER NICHOLAIO E D’ORBANO GIOVANEE DI GIOVANNI DI LORENÇO PICHOGLIUOMINI E D’ALDOBRANDINO DI BERTO, QUATRO MAESTRI PER SEI MESI E DI FRANCIESCHO DI NEROCCIO E DI PIOO DI IMUMIDI E DI PANTALEONE DI BARTALINO BUONSIGNORI E DI PREÇIANO DI NANI DIVIER, QUATRO MAESTRI PER ALTRE SEI MESI E DI NICHOLO’ DI LORENÇO ISCRITORE »

Nous sommes de retour dans le bureau de la Biccherna. Le camarlingo, en habits rouges, est en train de se laver les mains avec l’aide d’un homme qui utilise un broc pour verser de l’eau sur ses mains. Les deux personnages se tiennent debout en arrière du comptoir sur lequel apparaissent les ustensiles de travail en usage dans le bureau, que nous avons déjà eu l’occasion d’observer.

La tradition de la critique s’accorde à voir dans le geste du camarlingo, à première vue un peu trivial, une allusion au fait que, à partir de 1451, la fonction administrative de responsable de la Biccherna, qui avait été confiée à des laïcs depuis la fin du XIVe siècle, leur fut ôtée apour être restituée au religieux. Cette information permet sans doute également de mieux comprendre le sens de la présence de la Vierge évoquant l’aspiration à l’ordre intérieur et à la paix de la cité qu’elle semble incarner, mais aussi l’allusion discrète à une forme de scepticisme quant au devenir de la cité, comme si le geste du camarlingo était une manière de ne s’engager en rien sur ce même avenir.

La manière de faire figurer la ville de Sienne est particulièrement concise et efficace. La cité est identifiable par quelques symboles – la muraille de brique rouge, la tour du Palazzo Pubblico[1], le campanile de la cathédrale et le dôme de cette dernière) assemblés sans réel logique spatiale ni souci d’exactitude topographique, en une sorte de synthèse qui l’évoque sans le moindre risque de créer une méprise.

Les neuf écus représentent les familles des oficier de l’office de la Biccherna : Bellanti, Giovannini, Giovannelli, Piccolomini, Aldobrandini, Vitaletti, Umidi, Buonsignori, Vieri, Donati.

Un dixième écu est représenté dans le compartiment réservé à l’inscription.

 

[1] La célèbre Torre del Mangia.