Sano di Pietro, « Nozze gentilizie »

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Office de la Gabella

Sano di Pietro

Nozze gentilizie (Noces seigneuriales)

1473, terminus post quem

53,7 x 37,8 cm.

Archivio di Stato di Siena, n° 37

Inscription :

« QUESTA E’ L’ENTRATA E L’USCITA DI CHECHO DI CHECHO CINUGHI CHAMARLENGHO DI CABELLA PER UNO ANNO, COMINCIANDO A DI PRIMO DI GENAIO. MCCCCLXXII. E FINENDO A DI’ ULTIMO DI DICENBRE. MCCCCLXXIII. QUESTI SONO I PRIMI ASIGHUITORI: MEO DI TOTO (BARDI] GESI, NICOLO’ DI MISSERE BARTOLOMEO, DI MATIO D’ANTONIO DI NERI D’AGNOLO MALAVOLTI E DI SER ARDUINO NOTAIO E D’UGO BUONAGIONTA ISCRITORE. E DI PIERO D’ALDOBRANDO CERETANI E IACOMO DI GALGANO BICHI E DI FRANCIESCHO DI SER LAÇARO E DI TOMAXO DI MAURITIO LUTI E DI SER DOMENCO DI CHRISTOFANO N[O]TAI[O] »

Provenance : acquis en 1877 chez un antiquaire de Florence par la Surintendance des Archives toscanes

La scène représente le mariage entre le condottiero Roberto Sanseverino et Lucrezia, fille de l’esecutore de la Gabella en l’an 1473, Agnolo Malavolti, dont les chroniques se sont fait l’écho de la richesse et de l’opulence dont l’époque a été l’occasion.

La scène représente la mariage du condottiero Roberto Sanseverio, comte napolitain, avec Lucrezia Malavolti, fille d’Agnolo Malavolti, officier de la Gabella en 1473, date de la réalisation de l’œuvre.

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L’épisode représenté est celui où l’épouse, placée au centre et vêtue d’un luxueux habit de brocard, couronne de guirlandes sur la tête, et portant autour du cou des colliers de perles avec pendants en forme de croix, reçoit l’anneau nuptial de la main de son époux [1] lui-même vêtu d’un manteau court ceinturé à la taille, et de chausses rouges.

Entre les deux époux, la figure du juge est garante du caractère officiel du mariage. La scène est complétée par la présence de six jeunes femmes et de six jeunes hommes rangés, respectivement, derrière la mariée et le marié. Le seizième personnage présent pourrait être un notaire.

La scène se déroule dans un espace ouvert, en arrière plan, sur un paysage de collines arborées se détachant sur le ciel. L’architecture aux murs crénelés évoque quelque château seigneurial. Au centre, s’ouvre une sorte de loggia qui s’apparente davantage à une scène de théâtre tendue de draps d’un vert sombre orné de petites fleurs claires à la manière des tapisseries dites « aux mille fleurs ».

Dans la partie inférieure de la tablette, les dix écus des familles des officiers en fonction en l’an 1473 : Cinughi, Bardi, Borghesi, Martini, Malavolti, Buonaggiunti, Cerretani, Bichi, Ser Lazzeri, Luti, ainsi que deux autres écus insérés dans la zone réservés aux incriptions, qui évoquent la famille Arduini et Domenico di Cristofano.

[1] La scène représente le moment précis du don de l’anneau nuptial. Dans la tradition siennoise, on rencontre deux cérémonies de mariage différentes. La première est appelée Giuria (promesse, symbolisée par le don de l’anneau), ou Guadia, et correspond à la promesse de mariage ; la seconde est la cérémonie rituelle proprement dite. Au XIIe siècle, à Sienne comme dans d’autres villes, la Guadia avait lieu publiquement, sur la place. Au XVe siècle, cet aspect de la cérémonie était devenu privé : c’est ainsi que le représente Sano di Pietro qui place la scène dans l’espace clos, et privé ou familial, d’un château seigneurial.