Ambrogio (Ambroise) Sansedoni (Sienne, 1220 – 1286) prend l’habit dominicain dès le 16 avril 1237, jour de ses dix-sept ans, non sans avoir subi au préalable les tentations diaboliques du mariage [1]« Un jour, comme Ambrogio se rendait près des ermites augustins de Lecceto, traversant la Selva del Lago, il entendit, venant du bois, un gémissement. Il suivit l’élan de son cœur miséricordieux et trouva une très belle jeune fille, convenablement vêtue mais d’habits masculins, accompagnée d’une fillette (adolescentula). Elle le supplia de s’arrêter pour entendre sa … Poursuivre. Plus tard, il refuse l’offre qui lui est faite de devenir évêque de Sienne. La ville coupable, aux yeux du pape, d’avoir pris le parti de l’Empereur Frédéric de Hohenzollern, est frappée d’interdit [2]En 1266, le pape Clément IV frappe Sienne d’interdit pour avoir pris le parti de l’empereur Frédéric de Hohenzollern. Le bienheureux Ambrogio Sansedoni (Ambroise de Sienne) intervient alors avec succès auprès du souverain pontife pour obtenir la levée de cette sanction et la grâce de sa ville natale. par le pape Clément IV [3] en 1266. Les Siennois demandent à Ambrogio de plaider leur cause devant le Souverain Pontife, ce qu’il fait avec tant de succès qu’il obtient pour sa ville natale la pleine grâce et le renouvellement de tous ses privilèges. Les Siennois rejettent une nouvelle fois leur allégeance au pape et, une nouvelle fois, Ambroise obtient de celui-ci la levée de l’interdit. C’est la raison pour laquelle il est fait Patron (c’est-à-dire protecteur) de la ville, venant ajouter son nom à ceux des saints Patrons ancestraux que sont Ansano, Savino, Crescenzio et Vittore.
Iconographie
Ambrogio Sansedoni est représenté vêtu de l’habit des frères dominicains. Il est jeune ou d’âge moyen, imberbe
- nimbé d’une auréole dans laquelle il est parfois possible de lire « sanctus » et non « beatus »
- une colombe murmurant à son oreille (l’inspiration divine …)
- prêchant
- portant une maquette de la ville de Sienne
Notes
| 1↑ | « Un jour, comme Ambrogio se rendait près des ermites augustins de Lecceto, traversant la Selva del Lago, il entendit, venant du bois, un gémissement. Il suivit l’élan de son cœur miséricordieux et trouva une très belle jeune fille, convenablement vêtue mais d’habits masculins, accompagnée d’une fillette (adolescentula). Elle le supplia de s’arrêter pour entendre sa plainte. Elle manifestait un grand aplomb, affirmant que Dieu lui avait donné, outre la beauté et l’harmonie du corps, une intelligence sûre et un solide caractère, en même temps qu’un statut de liberté ; elle voulait donc être mariée car elle ne se sentait pas attirée par la vie religieuse. Or ses frères, contre sa propre volonté, voulaient la mettre au couvent. Ce matin même elle s’était donc enfuie, déguisée en homme, pour faire pression sur eux. Elle s’était fait accompagner par une fillette en attendant d’obtenir de la miséricorde divine une « compagnie convenable ». Ambrogio arrivait à point.
« Il avait à peine dix-sept ans mais il penchait, lui, vers la vie religieuse. Il sut donc reconnaître une tentation satanique et renvoya la femme au diable. Mais il arriva à Lecceto si pâle et affecté que les religieux s’en inquiétèrent ; il leur raconta tout, en leur demandant de ne pas divulguer la chose et, après avoir fait prévenir ses parents, il resta deux jours au couvent « pour chasser l’angoisse de son cœur. (*) ». « Dépassons le topo, qui, après tout, n’était pas indispensable dans le récit d’une vie sainte qui se déroula sur la voie apostolique plutôt qu’érémitique. Était-ce le diable ou la fille qui avait si fort bouleversé le garçon ? Ils étaient jeunes tous les deux, la fille et le garçon, doubles inversés : elle refusait la vie religieuse pour le mariage, lui refusait le mariage pour la vie religieuse. » Odile REDON, « Le bienheureux qui aimait les femmes. Ambrogio Sansedoni (1220-1287) » dans Isabelle CHABOT et al., La famille, les femmes et le quotidien (XIVe-XVIIIe siècle), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2006. En ligne : https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.74372 , pp. 239-250. (*) Vita, par Aldobrandino Paparoni, Gisberto D’Alessandria, Oldrado Bisdomini, Recuperato de Pietramala (ou Recuperato d’Arezzo), Acta Sanctorum, mars, t. 3, Anvers, 1668, pp. 180-201, le récit se trouve à la p. 185, § 16. Odile Redon ajoute : « L’étude que je présente est fondée sur la Vita et sur le Summarium virtutum et miracula, panégyrique écrit par l’un des auteurs de la Vita, Recupero (ou Recuperato) D’Arezzo et édité aussi dans les AA SS, p. 210-241. Tous les auteurs ont connu Ambrogio au couvent San Domenico de Sienne. |
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| 2↑ | En 1266, le pape Clément IV frappe Sienne d’interdit pour avoir pris le parti de l’empereur Frédéric de Hohenzollern. Le bienheureux Ambrogio Sansedoni (Ambroise de Sienne) intervient alors avec succès auprès du souverain pontife pour obtenir la levée de cette sanction et la grâce de sa ville natale. |

