Pier Pettinaio (Bienheureux)

Pietro da Campi, dit Pietro ou Pier Pettinaio (Campi, v. 1180 – Sienne, 1289) : frère laïc du Tiers Ordre franciscain. Son surnom (Pettinaio ou Pettignano) provient du métier de fabriquant (ou vendeur) de peignes (pettine [1]Les peignes à carder dont il s’agit ici étaient des instruments nécessaires, à cette époque, pour le travail de la laine.) qu’il exerça durant toute son existence, avant d’entrer dans le Tiers Ordre à la fin de sa vie, après s’être défait de tous ses biens. Une fois intégré à la communauté des moines, il fit le vœu de silence. C’est pourquoi on le représente un doigt sur la bouche, demandant ainsi de respecter le silence.

C’est en 1328 que le sénat de Sienne décrète que chaque année, la date anniversaire de sa mort sera fêtée. Ses restes reposent dans l’église de San Francesco à Sienne.

La gloire de Pier Pettinaio doit beaucoup au fait d’être évoqué dans la Divina Commedia, où Dante Alighieri fait dire à la noble siennoise Sapìa Salvani [2]Sapìa appartenait à la famille siennoise dès Salvani (elle était la tante de Provenzano, inclus par Dante parmi les fiers qui patientent au Purgatoire) et l’épouse de Ghinibaldo di Saracino, seigneur de Castiglioncello, près de Monteriggioni (lui aussi cité par Dante dans l’Enfer, XXXI, 41). On ne sait pas grand-chose de sa vie, si ce n’est qu’elle a peut-être … Poursuivre : « À la fin de ma vie, je voulus la paix avec Dieu ; et mon devoir de pénitence ne serait pas fini, si ce n’était que Pier Pettinaio me tînt dans sa mémoire, en ses saintes oraisons, et se chargea de moi par charité » [3]« Pace volli con Dio in su lo stremo de la mia vita ; e ancor non sarebbe lo mio dover per penitenza scemo, se ciò non fosse, ch’a memoria m’ebbe Pier Pettinaio in sue sante orazioni, a cui di me per caritate increbbe ». (Purgatoire, chant XIII, 124-129, traduction de Jacqueline Risset, Dante. La divine Comédie. Paris, Flammarion, 2021)..

Iconographie

Il est représenté comme un homme d’âge moyen

  • vêtu de l’habit du Tiers Ordre franciscain : un manteau gris porté sur une longue tunique de la même couleur, un béret plus foncé sur la tête, la taille serrée par une corde
  • plaçant l’index verticalement devant sa bouche afin de demander le silence

Il porte

  • un chapelet à la main
  • des rayons (parfois une auréole) autour de la tête

Notes

Notes
1 Les peignes à carder dont il s’agit ici étaient des instruments nécessaires, à cette époque, pour le travail de la laine.
2 Sapìa appartenait à la famille siennoise dès Salvani (elle était la tante de Provenzano, inclus par Dante parmi les fiers qui patientent au Purgatoire) et l’épouse de Ghinibaldo di Saracino, seigneur de Castiglioncello, près de Monteriggioni (lui aussi cité par Dante dans l’Enfer, XXXI, 41). On ne sait pas grand-chose de sa vie, si ce n’est qu’elle a peut-être collaboré avec son mari à la fondation de l’hospice de Santa Maria dei Pellegrini, sur le parcours de la Via Francigena. Dante la place parmi les envieux du Purgatoire (chant XIII) : alors qu’il se tourne vers les âmes (celles-ci ne peuvent pas le voir parce que leurs yeux sont cousus), et les prie de lui dire si l’une d’elles est d’origine italienne, Sapia répond que toutes sont citoyennes du Paradis, alors qu’en Italie elles n’étaient que de passage. Dante demande à la pénitente de se présenter. Celle-ci déclare avoir été siennoise et s’appeler Sapia, bien que dans la vie elle n’ait pas été sage (« Savia non fui, avvegna che Sapìa fossi chamata […] » (“Je ne fus pas sage bien que Sapia me fut donné pour nom”. Purgatoire, XIII, 109-110.) ; l’étymologie de son nom renvoie, on l’aura compris, à l’adjectif « sage »). Elle ajoute que lorsque ses concitoyens s’engagèrent dans la bataille de Colle di Val d’Elsa contre les guelfes florentins (1267), elle pria Dieu qu’ils soient vaincus, ce qui arriva, et qu’elle fut alors si heureuse de la déroute des Siennois qu’elle osa se tourner vers Dieu en disant ne plus le craindre. À l’heure de la mort, elle se repentit. Cependant, elle serait encore dans l’Antipurgatoire si Pier Pettinaio n’avait pas prié pour son âme …
3 « Pace volli con Dio in su lo stremo de la mia vita ; e ancor non sarebbe lo mio dover per penitenza scemo, se ciò non fosse, ch’a memoria m’ebbe Pier Pettinaio in sue sante orazioni, a cui di me per caritate increbbe ». (Purgatoire, chant XIII, 124-129, traduction de Jacqueline Risset, Dante. La divine Comédie. Paris, Flammarion, 2021).
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