Bienheureux Sorore

Personnage vraisemblablement  légendaire.

La légende, qui n’est pas si ancienne que cela, veut qu’un cordonnier portant ce nom soit le fondateur, au IXe siècle (très exactement le 15 août 898 …), de l’institution hospitalière la plus vieille du monde. Par cette légende, l’origine de l’Ospedale di Santa Maria della Scala serait donc directement liée aux activités d’un pauvre savetier mû par la charité et l’amour de son prochain, qui aurait accueilli, soigné et nourri les pauvres dans la petite maison habitant son échoppe située, à l’époque, … en face de la Cathédrale (!). Grâce à l’estime que lui avait valu cette action auprès de ses concitoyens se forma ensuite le premier noyau de ce qui devait devenir le grand hôpital siennois.

Pourtant, avant 1441, date de la fresque du Vecchietta peinte dans la salle du Pellegrinaio, aucun document écrit ni aucune autre image peinte à fresque n’évoque le bienheureux Sonore. C’est le recteur Giovanni du Francesco Buzzinelli, en fonction de 1434 à 1444, année de sa mort, qui chargea le Vecchietta de représenter la première Histoire de Sorore (ou Soror) et, probablement, de donner forme à un personnage qui puisse incarner au mieux le caractère laïc de l’Institution. C’est ainsi qu’est née, à des fins purement politiques, la légende du bienheureux Sorore dont la mère, peu avant qu’elle ne donne naissance à son fils, aurait eu une vision prémonitoire de l’avenir de ce celui-ci : dans son rêve, elle le vit monter et descendre sur une échelle sans fin reliant la terre aux cieux. À chaque fois qu’il parvient en haut de laquelle, il confie un orphelin de l’hôpital à la Vierge Marie. Le songe est éloquent. Il annonce, selon la légende, la future fondation de Santa Maria della Scale par Sorore.

On sait par une ancienne chronique de 1492 qu’un cadavre presque intact a été retrouvé un beau jour dans l’église de l’Hôpital. Cependant, personne, à l’époque de cette découverte, n’induisit qu’il pouvait s’agir du corps de Sorore. Ce n’est que quelques années plus tard, alors que la Chapelle du Manto a fait l’objet de travaux d’embellissement (1513-1515) qu’il fut décidé d’associer à ce cadavre la mémoire physique du fondateur mythique et d’exposer le corps de celui-ci sous l’autel de la chapelle. À partir de cette date, le mystérieux Sorore devint  bel et bien le fondateur officiel de l’Ospedale. Un illustre chercheur du nom de Banchi fut même contraint de publier la nouvelle selon laquelle l’urne contenant le cadavre retrouvé portait l’inscription du nom : « Soror ». Le plus probable, en l’occurence, est que cette inscription (« Soror » ou « Sorore ») ait réellement existé mais ait renvoyé, non pas à un bienheureux religieusement enterré là mais à l’une des dames hospitalières qui œuvraient quotidiennement pour le bien-être des malades et que l’on appelait du nom de « sorores » (sœurs). Rien n’exclut, bien au contraire, que l’inscription puisse provenir de la sépulture d’une « infirmière » du XIIIe ou du XIVe siècle enterrée dans le cimetière adjacent à l’hôpital (cimetière dont l’existence est attestée).

En 1192, ses restes auraient été transportés dans la chapelle de l’Hôpital.

Iconographie

Sorore est représenté comme un homme d’âge moyen

  • sans barbe
  • vêtu d’un habit de couleur grise, parfois orné du symbole de l’Ospedale (une échelle surmontée d’une croix)
  • portant une échelle sur laquelle grimpent des enfants nus