Duccio di Buoninsegna, « Noli me tangere »

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Panneau 14 : Duccio di Buoninsegna, Noli me Tangere et Les pèlerins d’Emmaüs

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Noli me tangere [1]

Tempera et or sur panneaux, 51 x 57 cm.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

La scène se situe après la Résurrection mais avant l’Ascension, très précisément le dimanche de Pâques. Le récit de Jean (Jn, 20, 11-17) situe la scène à proximité immédiate du sépulcre où a été enseveli le Christ, alors que Madeleine, « tout en pleurant » et, après passé la tête par l’ouverture, voit « deux anges, en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre aux pieds. » S’adressant à elle, ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Alors qu’elle leur explique qu’elle pleure le fait d’avoir perdu son Seigneur (« je ne sais pas où on l’a mis »), celui-ci lui apparaît et, sans qu’elle l’ait encore reconnu, l’interroge à son tour, avant de l’appeler enfin par son nom : « Marie » ; ce à quoi elle répond « en hébreu : ‘Rabbouni !’ – ce qui veut dire : ‘Maître’ ». C’est le moment précis où Jésus prononce les paroles : « Ne me touche pas ! », voulant exprimer ainsi que l’état intermédiaire dans lequel il se trouve (ressuscité mais non encore monté au ciel, ainsi que le traduit visuellement, une nouvelle fois, le vêtement aux plis d’or qu’il portera jusqu’au moment où il montera vers le ciel) lui interdit pour l’heure tout contact physique avec un humain.

[1] La traduction dite de saint Jérôme traduit ces paroles par la formule : « Ne me touche pas » tandis qu’une version actuelle, celle de l’Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones. Cette version, utilisée généralement au sein de ce guide, traduit la phrase en des termes beaucoup plus neutres, trop distanciés pour exprimer la nature exacte des sentiments du Christ, par une formulation de type psychologique (« Ne me retiens pas ») qui devrait préférablement prendre la forme de l’injonction plus décisive parce que plus physique : « Ne me touche pas ».