Duccio di Buoninsegna, « Les trois Marie au sépulcre » 

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Panneau 13 : Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19), Les trois Marie au sépulcre et Descente du Christ aux Limbes

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Marie al sepolcro (Les trois Marie au sépulcre)

Tempera et or sur panneaux, 51 x 53,5 cm.

Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.

Au lendemain de la Crucifixion, de bon matin, un groupe de femmes, toutes trois prénommées Marie [1], se rend au lieu du sépulcre afin d’embaumer le corps du Christ. A cet effet, chacune d’elles a apporté un flacon d’onguent parfumé. L’épisode est relaté par les quatre évangélistes, avec, une fois encore, quelques variantes. Arrivées devant la porte du Sépulcre, elles découvrent, saisies de terreur, que la pierre du tombeau a été déplacée. Leur effroi augmente à la vue d’un ange qui paraît assis au bord du tombeau. « Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige » précise Matthieu [2], tandis que Marc évoque « un jeune homme vêtu de blanc » [3] et que Luc [4], à son tour, parle de « deux hommes [qui] se tinrent devant elles en habit éblouissant. » Quoi qu’il en soit, la frayeur redouble et nous voyons les trois femmes, raidies par l’effroi, esquisser un mouvement de recul symptomatique de leur état d’esprit, tandis que l’ange éblouissant leur indique du doigt la tombe du Christ dorénavant vide et le linceul, qui, devenu inutile, a été abandonné au bord du sarcophage de pierre, et qui est le signe de la Résurrection du Christ.

Le fond doré, grâce à la lumière qui vient s’y refléter, joue ici admirablement l’effet d’éblouissement décrit par les Textes, éblouissement que la robe de l’ange à elle seule ne permettrait pas de traduire visuellement avec la même intensité ni la même force. L’incroyable couleur rose du tombeau, que nous avons eu l’occasion de contempler également dans la « crypte » de la Cathédrale, semble contaminer les roches à l’arrière du paysage, comme si toute la scène baignait dans la lumière de l’aube d’un jour nouveau, le premier jour de la Résurrection dont toute l’image, d’une beauté et d’une poésie parfaites, semble être l’allégorie.

[1] Marc précise qu’il s’agit de « Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé ».

[2] Mt, 28, 3.

[3] Mc, 16, 5.

[4] Lc, 24, 4.