Duccio di Buoninsegna, « Annonciation »

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Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Annonciation

Tempera sur panneaux, 44.5 x 45.8 cm.

Provenance : Cathédrale de Sienne.

Londres, National Gallery.

L’Archange Gabriel vient de pénétrer dans la maison de la Vierge pour lui délivrer le message divin selon lequel elle est promise à porter en son sein le fils de Dieu.

La maison possède une architecture dont la complexité vise à servir le sens de la scène, de même que son caractère hors d’échelle par rapport aux protagonistes et ses couleurs qui permettent de souligner des espaces spécifiques : il s’agit à la fois de localiser l’événement tout en délimitant ces différents espaces (ouvert, pour l’ange, couvert, pour la Vierge) afin de signifier le statut – divin ou humain – de chacun d’eux.

Gabriel est encore en mouvement ; il vient de faire irruption dans l’intimité de Marie et la salue maintenant en lui adressant un geste de bénédiction. Marie a eu le temps de se dresser sur ses pieds et tient encore ouvert dans la main le livre dans la lecture duquel elle était plongée avant d’être interrompue par l’ange. Ce livre, c’est, bien sûr, l’Ancien Testament, nécessairement ouvert à la page la plus signifiante par rapport à l’événement qui se déroule sous nos yeux, celle où Marie vient de lire la prophétie d’Isaïe, laquelle advient au moment même où elle interrompt sa lecture. Dans un geste qui marque à la fois la surprise, la modestie et l’acquiescement, la Vierge a répondu qu’elle se soumettait à la volonté divine, laquelle, parallèlement, est en train de se réaliser : la colombe, symbole du saint Esprit, apparaît parmi les rayons provenant du ciel, se dirige vers elle et, dans le même instant, pénètre l’espace que délimite l’édicule blanc, celui de l’intimité virginale, et vient le féconder. Le temps s’est contracté, la durée se résume sous nos yeux dans l’instant, de même que la parole dont il est dit dans le mystère de l’Annonciation qu’elle s’incarne au moment même où elle est énoncée.