Duccio di Buoninsegna, « Sepoltura della Vergine »

CC31C306-3B7E-4639-AD55-1A7657395247.jpeg

Duccio di Buoninsegna (Sienne, vers 1260 – vers 1318/19)

Sépulture de la Vierge

Tempera et or sur bois, 41 x 54,5 cm.

Sienne, Museo dell’Opera Metropolitana del Duomo.

Sculpté dans une précieuse roche de couleur rose, le tombeau dans lequel les apôtres déposent délicatement le corps inerte de la Mère de Dieu n’est pas sans évoquer celui dans lequel le Christ lui-même a été placé pendant la période de temps qui a précédé la Résurrection. Peu importe, une nouvelle fois, la justesse des contours qui déploient la forme et le volume du tombeau ainsi figuré dans l’espace de la peinture pourvu que ce tombeau pèse de tout son poids. La tristesse des apôtres est visible, on pourrait presque la toucher des yeux : leurs corps, tous penchés respectueusement vers la tombe, et leurs gestes tout emprunts d’humanité l’expriment selon une déclinaison qui semble révéler la singularité de leurs diverses personnalités.

Le décor de l’arrière-plan évoque lui aussi d’autres situations déjà rencontrées. En raison de son caractère abstrait, typique des paysages médiévaux dans lesquels les arbres et les architectures sont posés au sol sans souci de la vraisemblance de l’échelle de leur représentation, et du seul fait qu’il signifie davantage l’idée d’un paysage qu’il ne rend visible son image exacte et ressemblante trait pour trait, ce paysage aride acquière une valeur merveilleusement intemporelle qui convient admirablement, tout en la magnifiant, à la mise en scène des événements sacrés qui nous sont ici donnés à voir.