Maestà

Le terme italien, qui semble être dorénavant adopté dans la langue française, au moins parlée, désigne une représentation de la Vierge « en majesté », c’est-à-dire, originairement, de face, assise, dans une attitude hiératique, sur un trône, en tant que Reine des cieux. Avec le temps, le modèle initial évolue au fur et à mesure que la figure de la Vierge accède à une importance particulière dans la dévotion religieuse. Dans le type le plus courant, elle porte généralement le Christ enfant sur ses genoux et est entourée d’anges, d’apôtres et/ou de saints qui constituent la cour sur laquelle elle règne.

Le type de la Maestà s’oppose à un autre type de représentation de la Vierge, dite d’ « humilité » : Marie est alors vue assise à même le sol, sur un tapis de fleurs lorsque la scène est vue en extérieur ou sur le pavement d’une pièce lorsqu’elle est représentée en intérieur.

L’exemple plus ancien de Maestà visible dans la province de Sienne est une œuvre du Maestro di Tressa (la Madonna degli occhi grossi) qui se trouve au Museo dell’Opera de Sienne.

Les deux exemples de Maestà les plus célèbres conservés, à Sienne, sur le lieu même de leur création sont celle de Simone Martini (Palazzo Pubblico) et celle de Duccio di Buoninsegna (Museo dell’Opera Metropolitana del Duomo). Comme on le verra au Palazzo Pubblico, la Vierge en Majesté n’a plus grand chose du hiératisme des origines et a déjà acquis une attitude d’une souplesse (on serait tenté de parler déjà d’une forme de réalisme) proprement révolutionnaire.

Si vos pas vous conduisent jusqu’à San Gimignano, vous pourrez également admirer, dans le Palazzo Pubblico de cette ville, la Maestà de Lippo Memmi, beau-frère et « chompagno » de Simone.