« ET ASCENDIT IN CELUM SEDET AD DEXTERAM PATRIS »

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Inscriptions : « ET ASCENDIT IN CELUM SEDET AD DEXTERAM PATRIS » [1]

Nous sommes maintenant dans les cieux où est monté le Christ ainsi, une nouvelle fois, que l’affirment les écritures. La hauteur à laquelle nous sommes semblent provenir du fait que la terre, que nous voyions comme une bande plate dans l’image précédente, s’est incurvée avec l’éloignement, comme si Benedetto était déjà informé de la théorie défendue par Galilée [2] et qu’il la traduisait en peinture. Jésus est assis entre deux rangées de fidèles en prière, de prophètes et d’apôtres installés sur des nuées diaphanes, parmi lesquels ont peut identifier, au premier plan à gauche, Jean (le Baptiste) grâce à son cartel « ECCE ANG ». Jésus, doté d’une auréole marquée du signe de la croix après avoir œuvré au sauvetage de l’humanité, est dorénavant assis à la droite du père, ici non représenté physiquement mais présent par un ensemble de signes dont la lumière dorée dans laquelle baignent les personnages n’est pas le moindre.

En dépit des nombreuses réminiscences d’un archaïsme que les siennois ne renieront jamais vraiment tant il appartient à leur culture et à leur identité figurative, on remarque, en particulier à travers la présence des nombreux personnages vus de profil, aptes à se mouvoir, et la recherche d’expressivité visible dans leurs visages, une recherche de naturalisme qui est aussi une marque de modernité, et qui est associée, sans la nier, sans rivaliser ni lutter contre elle, à une tradition dont on ne veut pas se défaire.

 

[1] « Et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. »

[2] Galilée (1564-1642). C’est pour avoir défendu la théorie de l’héliocentrisme, et non pas celle qui définit que la terre est ronde et non plate, que le savant italien a été condamné par l’Inquisition.