‘Il Vecchietta’, Troisième section de la paroi de la Sagrestia Vecchia

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Lorenzo di Pietro, dit ‘Il Vecchietta’ (Castiglione d’Orcia, 1410 ? – 1480)

  • Crucifíxus étiam pro nobis : sub Pontio Pilato passus, et sepultus est, 1446-1449.
    • Passione di Gesù (Passion de Jésus)
      • Giovanni Evangelista (Jean l’Évangeliste)
    • Mosè che mostra il serpente di bronzo (Passion de Jésus, Moïse montre le serpent d’airain)

Fresques.

Inscriptions :

    • (sous la figure de Jean l’Évangeliste) : “IO[HANN]ES EVANGELISTA »
    • (dans le phylactère tenu par Jean l’Évangeliste) : “[PASSUS SUB] PONTIO PILATO [, CRUCIFIXUS,] MORTUUS ET SEPULTUS”. [1]

Provenance : In situ

Sienne, Santa Maria della Scala, Sagrestia Vecchia.

La troisième section est consacrée à la représentation de la Passion du Christ évoquée dans le quatrième article du Credo (Crucifíxus étiam pro nobis : sub Pontio Pilato passus, et sepultus est : « Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. »).

La lunette

Dans une large partie gauche de la fresque, seuls les contours des formes permettent encore de percevoir les éléments de la scène représentée dans la lunette, et d’en comprendre le sens.

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  • Passione di Gesù (Passion de Jésus)
  • Giovanni Evangelista (Jean l’Évangeliste)

Plusieurs épisodes de la Passion sont résumés de manière synthétique dans une scène continue et avec l’aide de symboles.

Comme dans la lunette précédente, plusieurs scènes ont été réunies de manière à constituer une illustration au plus près du texte de référence, lequel évoque explicitement la Passion, la Crucifixion, la Mort et la Sépulture. En premier lieu, la Crucifixion domine évidemment l’ensemble. Peinte au centre de la scène, elle surmonte la tombe dans laquelle gît le Christ mort, autour de laquelle sont représentée les Marie entourées de plusieurs apôtres. A gauche, tenant compte du sens de la lecture dont le présent texte a fait abstraction, on reconnaît la silhouette d’un palmier qui fait référence à lui seul à l’épisode de l’Entrée à Jérusalem par lequel commence l’ensemble de la Passion, et dans lequel les palmes sont aussi le signe du triomphe sur la mort qui mènera Jésus de la Mort sur la croix à la Résurrection, mais aussi du procès qui doit précéder. On devine également la baguette (Flagellation), la Lance (que Login plongea dans le flanc du Christ pour abréger ses souffrances), et d’autres instruments de la Passion qui constituent, avec d’autres, l’ensemble des Arma Christi.

A droite, Jean l’Évangéliste, dont le nom inscrit au-dessous de sa silhouette confirme l’identification (il est pourtant aisément identifiable, et en tant que participant de premier plan avec la Vierge, et par les couleurs de ses vêtements, bleu pour la tunique et rose pour le manteau), Jean, donc, devait faire pendant à un prophète de l’Ancien Testament aujourd’hui complètement disparu. Sur la banderole qu’il déploie devant lui, on peut lire l’un des corps de phrase constituant le second article du Credo, celui qui, dans le Symbole de Nicée-Constantinople est les plus développé, est consacré au Christ, et où sont énumérés les principales caractéristiques de son existence terrestre, depuis son Incarnation jusqu’à sa Résurrection.

Le fond noir sur lequel se détachent les figures, sauf s’il résulte d’une détérioration du pigment coloré, est à mettre en relation avec l’éclipse qui, disent les Textes, se produisit au moment où le Christ rendit l’âme.

La paroi

La partie gauche de la paroi, entièrement effacée, n’est pas d’un grand secours pour envisager une description de ce que nous savons maintenant être une préfiguration de la Passion représentée dans la lunette. En revanche, la partie droite permet de reconnaître sans ambiguïté la scène, célèbre, du serpent d’airain.

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  • Mosè che mostra il serpente di bronzo (Passion de Jésus, Moïse montre le serpent d‘airain)

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  • Mosè che mostra il serpente di bronzo (Moïse montre le serpent de bronze)

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » peut-on lire dans l’Evangile de Jean [2], qui

 

Sous l’ensemble cohérent qui constitue les scènes de la troisième travée, a été placée récemment la sinopie de la Madonna del Manto, dessinée par Domenico di Bartolo :

[1] “PASSUS SUB PONTIO PILATO, CRUCIFIXUS, MORTUUS ET SEPULTUS” (repris du Sylbole de Nicée-Constantinople : Crucifíxus étiam pro nobis : sub Pontio Pilato passus, et sepultus est) : “Crucifié [pour nous] sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau”. Extrait du Credo de Nicée-Constantinople. le mot mortuus est donc absent du texte de référence.

{2] Jean, 3, 14-15.