Caterina d’Alessandria (Caterina delle Ruote)

Catherine d’Alexandrie est aussi appelée, en Toscane, Caterina delle Ruote, ou della Ruota (Catherine à la roue, ou aux roues) par allusion à l’instrument de son supplice.

Fille de la reine d’Égypte Sabinella et de Costis, le demi-frère de Constantin le Grand, Catherine d’Alexandrie [1] est une sainte si légendaire qu’elle a été ôtée du calendrier romain par le pape Paul VI en 1969, « en raison du caractère fabuleux de sa passion » et du doute qui pèse sur l’existence même de la sainte. Quoi qu’il en soit, sa réputation a été immense, et durable, notamment en Italie où elle est encore omniprésente tant la dévotion fut grande au cours des siècles passés, probablement encouragée par la quantité innombrable de ses représentations dans les arts visuels.

Sa fête, qui tombe le 25 novembre, donne encore lieu de nos jours à diverses célébrations populaires, dont celles des jeunes filles à marier de plus de vingt-cinq ans, que l’on appelle les Catherinettes.

Iconographie

Catherine d’Alexandrie est représentée sous les traits d’une jeune et élégante princesse portant

  • une couronne (presque toujours)
  • un livre (souvent)
  • une roue hérissée de crocs de fer, instrument de son martyre, parfois entière, parfois brisée, parfois menue et parfois énorme
  • céphalophore, c’est-à-dire portant (parfois) sa tête sur un plateau car elle aurait été mise à mort par décapitation
  • une fleur de lis

Elle peut également être représentée entourée de la Foi, de l’Espoir et de la Charité, ou encore assise sur un trône.

Épisodes de la légende de Catherine d’Alexandrie :

  • Elle se rend un jour avec sa mère dans la grotte d’un ermite à qui elle dit qu’elle ne sera jamais l’épouse d’un autre que le Christ, et donne une image d’elle à l’ermite.
  • La nuit suivante, elle rêve que la Vierge l’emmène à la rencontre de son Divin Enfant mais elle s’en retourne en disant qu’elle n’est pas assez belle pour Lui.
  • Elle se réveille en pleurant et retourne voir l’ermite en compagnie de sa mère pour lui demander son avis quant au rêve qu’elle vient de faire.
  • L’ermite la baptise sur le champ et des anges apparaissent.
  • Son mariage mystique : alors qu’elle est en prière, la Vierge lui apparaît accompagnée de l’Enfant qui l’accepte comme épouse.
  • Amenée devant l’empereur romain Maximin II  qui souhaite l’épouser, elle refuse de sacrifier aux idoles.
  • Elle discute avec des philosophes et les convertit.
  • L’empereur fait brûler les philosophes sur un bucher ; elle les encourage dans leur foi.
  • Elle est flagellée avec des tiges de fer.
  • En prison, elle est réconfortée par des anges et l’Esprit-Saint lui apparaît sous la forme d’une colombe.
  • L’impératrice accompagnée du général Porphyre, son amant, lui rend visite en prison où elle les convertit, ainsi qu’un grand nombre de soldats.
  • L’Impératrice et deux cents soldats sont décapités ; des anges transportent leurs âmes au ciel.
  • Catherine est présentée aux juges.
  • Le Christ et les anges lui apparaissent en prison et la réconfortent.
  • Elle est placée entre deux roues hérissées de crocs de fer pour y être mise en charpie ; mais l’intervention d’un ange (ou de plusieurs anges) met fin au supplice : avant même qu’il ait commencé, les roues volent en éclat.
  • Elle est finalement décapitée sur ordre de l’empereur.

[1] En Égypte.