Pierre (Pietro)

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Lippo Memmi, Saint Pierre, vers 1330. Paris, Musée du Louvre.

Pierre, apôtre, encore appelé Simon alors qu’il fut, avec son frère André, le premier des apôtre « appelés » par Jésus de Nazareth au cours d’un épisode connu sous l’appellation de Vocation de Pierre et André [1]. C’est ensuite que le Christ le surnomma Simon-Pierre, puis Pierre [1]Le surnom Pierre, choisi par le Christ, visait à assoir l’idée que l’apôtre deviendrait la pierre angulaire de l’Église (« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Mt 16, 13-23). tout court, surnom qui lui est resté.

Pierre, jeté en prison après son retour à Rome, dont il fut le premier évêque, meurt crucifié sur ordre de Néron.

Iconographie

Pierre est caractérisé en premier lieu par son type physique : un homme dans la force de l’âge, portant une courte barbe blanche et les cheveux de la même couleur.

Son attribut principal est la clé, ou les clés, parfois représentées de manière disproportionnées. Si les clés sont représentées au nombre de trois, il faut comprendre qu’elles témoignent du triple pouvoir sur le ciel, la terre et l’enfer (!). Les clés sont liées ensemble car le pouvoir d’ouvrir et de fermer est un.

Les autres attributs de Pierre sont nombreux et sont portés indifféremment par lui-même, par des anges qui l’accompagnent, etc. :

  • Son vêtement ; il est vêtu différemment selon qu’il est représenté
    • comme apôtre : il porte alors, comme tous les apôtres, la toge antique ; sa tête et ses pieds sont nus
    • comme pape : il revêt le pallium et la mitre, surtout après la Renaissance
  • La barque (allusion à son ancien métier de pêcheur)
  • Le poisson (même allusion)
  • Le coq (qui chanta après que Pierre eut trois fois renié le Christ lors de l’arrestation de celui-ci)
  • Les chaînes (en souvenir de ses « Prisons »)
  • La croix renversée (sa crucifixion la tête en bas)
  • La croix à triple croisillon (soit un de plus que les archevêques) qui est l’un des insignes de la dignité papale
Scènes de la vie du saint
  • Pierre guérissant les malades avec son ombre [2]Act. Ap. 14-16..
  • Guérison du paralytique de Lydda [3]Lc, 5, 18-24..
  • Résurrection de Thabita, à Joppé [4]Act. Ap., 36-42..
  • Premier emprisonnement de Pierre à Antioche, sur l’ordre de Théophile et la visite que lui rend Paul.
  • Résurrection du fils de Théophile [5]Jacques de VORAGINE, La Légende dorée..
  • L’envol et la chute de Simon le Magicien [6]« Le lendemain, donc, la foule se réunit encore plus nombreuse sur la voie Sacrée pour le voir voler. Or Pierre, ayant eu une vision, se rendit sur le lieu pour le réfuter également dans cette action. {En effet, quand il était entré dans Rome, c’est en volant qu’il avait ébahi les foules — mais Pierre ne séjournait pas encore à Rome —, qu’il avait donné … Poursuivre.
  • Ses trois reniements.
  • Second emprisonnement de Pierre à Jérusalem et sa délivrance par un ange.
  • Troisième emprisonnement de Pierre et miracle de la source qui jailli dans la prison Mamertine.
  • Domine quo vadis ? ou Rencontre avec le Christ sur la Via Appia.
  • Crucifixion de Pierre, la tête en bas, à sa demande.

Notes

Notes
1 Le surnom Pierre, choisi par le Christ, visait à assoir l’idée que l’apôtre deviendrait la pierre angulaire de l’Église (« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » Mt 16, 13-23).
2 Act. Ap. 14-16.
3 Lc, 5, 18-24.
4 Act. Ap., 36-42.
5 Jacques de VORAGINE, La Légende dorée.
6 « Le lendemain, donc, la foule se réunit encore plus nombreuse sur la voie Sacrée pour le voir voler. Or Pierre, ayant eu une vision, se rendit sur le lieu pour le réfuter également dans cette action. {En effet, quand il était entré dans Rome, c’est en volant qu’il avait ébahi les foules — mais Pierre ne séjournait pas encore à Rome —, qu’il avait donné l’illusion de planer dans les airs au point que certains en avaient perdu la raison.} Alors, Simon, se tenant debout sur un lieu élevé et regardant Pierre, se mit à dire : « Pierre, maintenant que je m’élève sous les yeux de tous ces spectateurs, je te le dis : si ton dieu est puissant, lui que les Juifs ont mis à mort — et ils vous ont lapidés, vous qu’il avait choisis —, qu’il prouve que la foi en lui est la foi en Dieu, que soit clair maintenant si elle est digne de Dieu. Car moi, en m’élevant, je ferai voir à toute cette foule qui je suis. » Et voilà qu’il s’éleva dans les airs, tout le monde le voyait de tout Rome, élevé au-dessus de ses temples et de ses collines, les croyants, eux, détournaient les veux vers Pierre. Et Pierre, a la vue de ce spectacle inouï, cria vers le Seigneur Jésus en disant : « Si tu laisses celui-ci faire ce qu’il a entrepris, alors tous ceux qui ont cru en toi seront scandalisés, et les signes et prodiges que tu leur as accordés par moi ne seront plus dignes de foi. Vite, Seigneur, montre ta grâce : que, tombant des airs, il ressente une extrême faiblesse, qu’il ne meure pas, mais qu’il soit épuisé et se brise la jambe en trois endroits. » Et, tombant des airs, il se brisa la jambe en trois endroits. Alors, on le lapida, puis chacun rentra chez soi, tous désormais ayant foi en Pierre. Et un homme vint en hâte de la rue, c’était un des amis de Simon, appelé Gémellus, de qui Simon avait beaucoup reçu, et il avait pour femme une adepte d’Hélène. Quand il vit Simon avec la jambe brisée, il lui dit en riant : « Si la Puissance de Dieu est brisée, est-ce que le Dieu même dont tu es la Puissance ne serait pas aveugle ? » Ayant donc accouru, Gémellus aussi suivait Pierre, et il lui dit : « Moi aussi, je demande à être des croyants dans le Christ. » Et Pierre : « Qu’est-ce qui l’empêche, mon frère? Viens prendre place avec nous. » Quant à Simon, tombé dans le malheur, il trouva des gens pour l’emporter nuitamment, sur une civière, de Rome à Aricie. Il y fit étape, puis il fut transporté à Terracina chez un certain Castor exilé de Rome pour cause de magie. C’est là qu’ayant été amputé, parvenu au terme de son existence, l’ange du Diable expira. »
Actes de Pierre, « L’envol et la chute de Simon » (éd. François BOVON et Pierre GEOLTRAIN [dir.], Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1997, pp. 1104-1105).

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