Domenico Beccafumi, “Pala delle stimmate”

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Domenico di Pace dit Domenico Beccafumi (Montaperti, 1484 – Sienne, 1551)

Retable des stigmates, vers 1515/1515.

Panneau, 212 x 162 cm.

Provenance : Couvent (détruit) de Monteoliveto a Porta Tufi, Sienne.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Le panneau central

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Dans un décor architectural d’allure classique, se déroule le miracle de la stigmatisation de Sainte Catherine (celui-ci serait advenu à Pise en 1375). La Sainte, vêtue de l’habit dominicain, a mis un genou en terre devant le crucifix, et lève les paumes de ses mains afin de recevoir dans sa propre chair les blessures infligées au Christ durant la Passion. Les deux saints répartis de chaque côté, au tout premier plan, confère une grande solennité à la scène et la connotent fortement en tant qu’image de dévotion, apte également à évoquer le mystère en cours. L’affinité qu’entretiennent les physionomies des deux saints, renforcée par leur positionnement symétrique, établit entre eux une correspondance quasi spéculaire. Les postures agitées des deux angelots installés au sommet des colonnes sont déjà pleinement maniéristes. Tout en haut, enfin, une Gloire de putti angéliques entoure la Madone et l’Enfant, tous deux spectateurs de la scène qui se déroule également sous nos yeux. A l’arrière, du côté de la loggia, une vieille femme semble assoupie.

Au fond, l’ouverture sur un paysage exalte la lumière dans une peinture dominée par les tonalités grises et argentées et par une composition strictement organisée autour de la perspective qui s’ouvre vers le lointain.

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« C’est la pierre angulaire du premier Maniérisme toscan : nouveauté des rapports entre les personnages et l’espace, contrepoint entre la sainte, en pleine lumière, et la femme encapuchonnée dans la pénombre, ciel altier, campagne brumeuse et mystérieuse à laquelle nous conduit, comme pour l’éloigner, la perspective tendue du sol pavé. Tout est là : l’intentionnalité religieuse, la prière alternant menace et espérance qui caractérise toute l’œuvre de Beccafumi [un style manifesté également] dans les accélérations et les glissements de perspective, dans l’épaississement et l’étiolement du brouillard, dans la manière dont la lumière adhère aux personnages, dissout la cire des visages, vire de ton, forme ses halos, ses dissolutions, ses raréfactions ». Giulio Carlo Argan, Storia dell’arte italiana, Firenze 1968.

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La prédelle

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Stigmates de Catherine de Sienne et les saints Benoît et Jérôme.

  1. Santa Caterina riceve da tre Santi domenicani il giglio e l’abito dell’Ordine
  2. Santa Caterina comunica da un angelo durante la messa
  3. Sposalizio mistico di Santa Caterina da Siena