‘Maestro di Tressa’, « Il Crocifisso in mezzo a quattro armati di lancia fra cui Longino, un armato di canna con la spugna dell’aceto, una figura ai piedi di Gesù e due figure sedute in trono »

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‘Maestro di Tressa’ (… – XIIIe s.)

Le Crucifix de Beyrouth outragé par les Juifs

Compartiment latéral de l’antependium du Redentore benedicente (Le Rédempteur bénissant), tempéra et or sur bois.

Provenance : Église de San Salvatore e Alessandro, Fontebuona della Badia Bardenga (Castelnovo), près de Sienne.

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

La scène du milieu représente l’épisode suivant de la légende. Comme nous l’apprend le sermon, l’invité perfide ne croit pas son hôte et, après le dîner, l’accuse de blasphème devant le prêtre et les Anciens. Le Sanhédrin décide de s’emparer de l’image. En faisant irruption dans la maison, quelques uns des Juifs crient violemment : « Comme nos pères l’ont fait avant nous, moquons-nous de lui maintenant ! » A ce moment-là, chacun commença à cracher sur l’icône. Puis ils dirent : « Nous savons que nos ancêtres clouèrent ses mains et ses pieds. Qu’est-ce qui pourrait nous empêcher de faire de même ? » Alors ils enfoncèrent des clous dans l’image et, une nouvelle fois, des voix crièrent « Nous savons qu’ils ont étanché sa soif avec une éponge emplie de vinaigre et de fiel : faisons de même. » Quand cela fut fait, plusieurs voix suggérèrent de fouetter l’icône. D’autres demandèrent avec insistance que son flanc soit percé avec une lance. « N’oublions rien ! Faisons cela aussi ! »

Comme on le voit, tous les tourments infligés à l’image du Christ en Croix sont représentés dans la scène : en présence de quelques membres du Sanhédrin, le Crucifix est cloué par un personnage à genoux sur la droite, tandis qu’un autre soulève l’éponge et qu’un troisième homme (presque effacé)frappe la tête du Christ avec un roseau. Sur la gauche, un homme barbu transperce son flanc avec une lance. Les inscriptions qui se réfèrent à la Passion du Christ sont dorénavant presque effacées mais, comme nous l’avons vu dans l’introduction, elle ont été transcrites par Cesare Brandi : « Hoc est Rex Iudeorum […] » [1] et « Hic est Dei excolenda Passione » [2]. Ces inscriptions ont pour objectif de signifier que l’épisode miraculeux est la réitération à l’identique de la Passion du Christ à travars son image.

[1] « Celui-ci est le Roi des Juifs ».

[2] « Ceci est la Passion vénérée de Dieu ».