Sebastiano (Sébastien)

Sébastien (IIIe-IVe s.) : militaire fait centurion par l’affection que lui vouent les empereurs Maximien et Dioclétien [1]« […] les empereurs païens Maximien et Dioclétien avaient pour lui une telle affection qu’ils l’avaient nommé chef de la première cohorte, et l’avaient attaché à leur personne. Et lui, il ne portait la chlamyde militaire que pour pouvoir aider et consoler les chrétiens persécutés. » Jacques de Voragine, Légende dorée, v. 1260-1298, chap. XXIII., il fut, selon la légende, percé de flèches sur ordre de Dioclétien pour ne pas avoir abjuré sa foi chrétienne, longtemps gardée secrète [2]« Item Romæ, ad Catacumbas, sancti Sebastiani Martyris, qui, Diocletiano Imperatore, cum haberet principatum primæ cohortis, iussus est, sub titulo christianitatis, ligari in medio campo, et sagittari a militibus, atque ad ultimum fustibus cædi, donec deficeret. » : « De même, à Rome, aux Catacombes, saint Sébastien le Martyr, qui, sous l’empereur Dioclétien, alors … Poursuivre. L’estime pour leur chef aurait empêché les archets chargés de cette besogne de le tuer : ils le laissèrent blessé. Venues pour l’ensevelir, Irène [3]Irène de Rome (… – 304) : sainte et martyre, épouse de saint Castule, officier du palais de l’empereur romain Dioclétien. Selon la légende hagiographique, lorsque Sébastien fut criblé de flèches pour avoir lui aussi professé le christianisme, c’est Irène qui guérit le saint de ses blessures., veuve chrétienne, et sa servante le trouvèrent encore vivant et le soignèrent. Rétabli, saint Sébastien se présenta alors devant l’empereur et lui reprocha sa cruauté envers les chrétiens. Dioclétien le fit arrêter, battre à mort et jeter dans la Cloaca Maxima, le grand égout de Rome. Guidée par une vision de sainte Lucine [4]Lucine de Rome (IIIe s.) : femme romaine dont la tradition rapporte qu’elle aurait été convertie par les Apôtres eux-mêmes. Réputée avoir recueilli et enterré les corps de plusieurs saints martyrs, elle est surtout connue (et représentée en peinture) pour avoir eu une vision de saint Sébastien ayant permis aux chrétiens de retrouver la dépouille de celui-ci secrètement … Poursuivre, la communauté chrétienne récupéra le corps et l’enterra dans les catacombes auprès des apôtres Pierre et Paul où se dresse aujourd’hui la basilique Saint-Sébastien. Protecteur contre la peste et patron des archers, saint Sébastien est représenté depuis le Moyen Age subissant le martyre ou allongé et bénéficiant des soins d’Irène.

Iconographie
Matteo di Giovanni, « Saint Sebastian », 1480-95. Tempéra sur panneau, 126,4 x 59,7 cm. Londres, National Gallery.

Pendant plus de huit siècles, du Ve au XIIIe s., l’effigie relativement hiératique et impersonnelle du martyr le montre :

  • âgé
  • barbu
  • représenté le plus souvent en position frontale
  • la couronne du martyre à la main, et non la palme, plus allusive

A partir du XIVe s., les choses changent radicalement. La silhouette du saint est subitement transformée et rajeunie : Sébastien  apparaît dorénavant comme un éphèbe,

  • debout, attaché à un poteau ou à une colonne, parfois à un arbre
  • criblé de flèches [5]Jacques de Voragine décrit le saint « tout couvert de pointes comme un hérisson ». Voir note 1., Sébastien est ensuite laissé pour mort et abandonné
  • tenant une flèche à la main lorsqu’il est vu isolément
  • plus rarement, la couronne (qu’il offre parfois à la Vierge dans telle ou telle Sainte Conversation) et/ou la palme, toutes deux symboles du martyre [6]Matteo di Giovanni (reproduction ci-dessus) représente Sébastien portant à la fois la couronne et la palme du martyre, tandis que deux anges le couronnent une seconde fois.

La beauté du jeune homme, telle qu’elle est offerte à la contemplation des fidèles au sein d’une église, a soulevé beaucoup de questions et donné lieu à nombre de commentaires, du plus sérieux au plus contestable.

Scènes de la vie du saint :

  • Sébastien est transpercé de flèches par les bourreaux.
  • Il est soigné par sainte Irène.
  • Décapitation de Sébastien.

Notes

Notes
1 « […] les empereurs païens Maximien et Dioclétien avaient pour lui une telle affection qu’ils l’avaient nommé chef de la première cohorte, et l’avaient attaché à leur personne. Et lui, il ne portait la chlamyde militaire que pour pouvoir aider et consoler les chrétiens persécutés. » Jacques de Voragine, Légende dorée, v. 1260-1298, chap. XXIII.
2 « Item Romæ, ad Catacumbas, sancti Sebastiani Martyris, qui, Diocletiano Imperatore, cum haberet principatum primæ cohortis, iussus est, sub titulo christianitatis, ligari in medio campo, et sagittari a militibus, atque ad ultimum fustibus cædi, donec deficeret. » : « De même, à Rome, aux Catacombes, saint Sébastien le Martyr, qui, sous l’empereur Dioclétien, alors qu’il avait le commandement de la première cohorte, fut condamné, sous prétexte de christianisme, à être ligoté au milieu du champ de bataille, et assailli de flèches par des soldats, et enfin battu à coups de bâton jusqu’à ce qu’il perde connaissance. » Martyrologium Romanum ; Acta Sancti Sebastiani Martyris, Ve s. ; « Alors Dioclétien le fit attacher à un poteau au milieu du champ de Mars, et ordonna à ses soldats de le percer de flèches. Et les soldats lui lancèrent tant de flèches qu’il fut tout couvert de pointes comme un hérisson ; après quoi, le croyant mort, ils l’abandonnèrent. » Jacques de Voragine, op. cit., chap. XXIII.
3 Irène de Rome (… – 304) : sainte et martyre, épouse de saint Castule, officier du palais de l’empereur romain Dioclétien. Selon la légende hagiographique, lorsque Sébastien fut criblé de flèches pour avoir lui aussi professé le christianisme, c’est Irène qui guérit le saint de ses blessures.
4 Lucine de Rome (IIIe s.) : femme romaine dont la tradition rapporte qu’elle aurait été convertie par les Apôtres eux-mêmes. Réputée avoir recueilli et enterré les corps de plusieurs saints martyrs, elle est surtout connue (et représentée en peinture) pour avoir eu une vision de saint Sébastien ayant permis aux chrétiens de retrouver la dépouille de celui-ci secrètement jetée dans une fosse par ses bourreaux, ce qui permit de lui donner une sépulture officielle.
5 Jacques de Voragine décrit le saint « tout couvert de pointes comme un hérisson ». Voir note 1.
6 Matteo di Giovanni (reproduction ci-dessus) représente Sébastien portant à la fois la couronne et la palme du martyre, tandis que deux anges le couronnent une seconde fois.

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