Bartolo di Fredi, « Cristo in Pietà tra la Madonna e San Giovanni »

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Bartolo di Fredi

Cristo in Pietà tra la Madonna e San Giovanni (Christ de Piété entre la Vierge et saint Jean) ; sur le fond, divers instruments de la Passion.

Fresque, 191 x 101,5 cm.

Provenance : In situ

San Gimignano, Église de Sant’Agostino.

Ce type de représentation du Christ de Piété, en buste dans son tombeau, et entouré des Arma Christi, est également appelé Imago Pietatis. Au Moyen âge, s’ajoutant à la vénération de la Croix, s’est développée une dévotion populaire pour les Instruments de la Passion du Christ. Cette dernière a donné lieu à une multiplication des images du type Imago Pietatis qui s’explique notamment par le fait qu’une indulgence y était toujours attachée.

Ici, comme dans les emblèmes héraldiques, c’est parallèlement à la surface de l’image que s’organise un ensemble de visages et d’objets, dans une composition qui, visant la meilleure visibilité possible, évoque une sorte de panoplie au sens premier.

Compte tenu du rôle dévolu à ce type de représentation, la fresque est située à hauteur des yeux ; il est donc possible d’en repérer la plupart des éléments, du moins lorsque l’état de conservation en permet encore l’identification.

Tout en bas, levant les yeux vers le Christ, on reconnaît la Vierge et Jean l’Evangéliste en prière. Entre les deux silhouettes, deux mains dont les gestes renvoient probablement à des attitudes tenues par les soldats ayant moqué le Christ.

Sous le bord du tombeau, trois vases à onguents pourraient être ceux dans lesquels Marie-Madeleine aurait recueilli le sang du Christ.

La figure du Christ mort occupe le centre de l’image. Un ange tend vers lui un calice, le saint Graal, avec lequel il recueille le sang échappé de la plaie du Christ.

Tout autour, une nombreuse série d’objets et de symboles complète la panoplie. Présentées parallèlement :

  • la corde, à gauche, par laquelle le Christ a été attaché lors de sa nuit de prison
  • la colonne de la Flagellation
  • le roseau mis par les soldats dans la main de Jésus, par dérision
  • la lance du centurion
  • un long roseau, sur la droite, avec à son sommet l’éponge imbibée de vinaigre
  • l’échelle, à droite

Autour du Christ :

  • une tête qui crache
  • une tête qui insulte
  • plusieurs mains : le poing fermé d’un soldat ayant frappé le Christ, la main du grand prêtre l’ayant giflé, celles de Pilate se lavant les mains au moyen de l’eau versée par une cruche, celle de Pierre tenant le coutelas avec lequel il coupe l’oreille de Malcus, une autres tenant la torche des gardes et une autre encore la lanterne de Malcus
  • le coq du reniement de saint Pierre
  • la croix, sur laquelle sont visibles :
    • les clous
    • la couronne d’épines

Au sommet de l’image :

  • les pinces avec lesquelles les clos ont été ôtés lors de la Descente de Croix
  • le marteau grâce auquel ces mêmes clous avaient été plantés
  • le linceul suspendu à une traverse
  • la face du Christ (allusion au voile de Véronique ?)
  • un visage de femme
  • le soleil et la lune évoquent ici l’éclipse qui, selon l’Evangile, se serait produite « depuis la sixième heure jusqu’à la neuvième [25]»

Bartolo di Fredi est également l’auteur d’une œuvre sur le même sujet dans l’église de Sant’Agostino, à Montalcino.