Bernardino Fungai, « Madonna col Bambino, Santa Maria Maddalena e Sant’Antonio Abate »

Bernardino Fungai (Sienne, 1460 – 1516)

Madonna col Bambino, Santa Maria Maddalena e Sant’Antonio Abate (Vierge à l’Enfant, sainte Marie Madeleine et saint Antoine Abbé)

Tempera sur panneau, 64 x 44 cm.

Provenance : ?

Sienne, Pinacoteca Nazionale.

Cesare Brandi [1], dans le Catalogue de La Regia Pinacoteca di Siena, ancêtre de l’actuelle Pinacoteca Nazionale, a signalé les influences du Florentin Lorenzo di Credi [2] sur Bernardino Fungai, laquelle se fait particulièrement ressentir dans cette délicate Madonna col Bambino.

1

Tout, dans cette œuvre, indique une commande, ou du moins, un usage privé. Son petit format, bien entendu, mais aussi la compositions qui enserre les personnages dans ce format et, du même coup, les rapproche du regard de celui qui les contemple. Ces différents personnages sont, en premier lieu, la Vierge (fig. 1) et l’Enfant divin (fig. 2) qu’elle porte sur ses genoux et devant lequel elle prie. Celui-ci semble bien être dans une position instable et risquerait de tomber des genoux de sa mère s’il n’était retenu par un profond pli de son manteau. Un voile parfaitement transparent souligne plus qu’il ne cache sa nudité, et s’il la souligne, c’est qu’il importe que la nature humaine et, à proprement parler, masculine de cet Enfant puisse être constatée. Il joue avec une rose blanche du type, probablement, de celles qui fleurissent dans le Paradis où sa Mère est destinée à régner, et dont dans la signification la plus courante renvoie à la pureté, à la virginité, à la beauté, mais par-dessus tout, à l’amour. Dans la Perse antique, son incroyable beauté aurait envoûté un rossignol au point qu’il vint se blesser sur ses épines, poussé par un élan d’amour passionné pour une fleur réputée la plus belle de toutes. Il est vai que les valeurs symboliques conférées à cette fleur sont nombreuses dans les légendes. L’une d’elles, originaire de Gascogne, est assez jolie pour être rapportée : alors que la Vierge Marie cultivait des rosiers de roses rouges, elle vînt à manquer d’eau pour les entretenir. Ses voisins lui en apportèrent afin de remédier au problème. Mais Joseph, qui était malade ce jour-là fut amené à boire l’eau destinée aux rosiers. Les roses commencèrent à flétrir et, dit-on, « la menace d’une mort proche rendait l’enfant Jésus très malheureux. Marie eu alors l’idée de verser une goutte de lait sur les pétales délicats de ses roses, qui au contact du lait, reprirent vie instantanément et se transformèrent en roses blanches. » Quoi qu’il en soit, nous retiendrons que le choix de la fleur avec laquelle joue ici Jésus ne relève aucunement du hasard. Pas plus que celui du collier de coraux qu’il porte autour du cou, et que l’iconographie la plus courante associe à la Passion.

2

Deux autres figures sont présentes au second plan de l’image et ont vocation à satisfaire à la dévotion particulière du commanditaire pour chacune d’elles. Marie Madeleine (fig. 1), la pécheresse repentie et pardonnée, porte le pot d’onguent qui l’identifie à tous coups. Antoine le Grand, père du monachisme, à l’expression grave, brandit (fig. 2) le « tau », sorte de béquille en forme de « T » dont il ne se départit pour ainsi dire jamais. La somme de tout cela est une charmante image, propre à servir de support visuel pour soutenir la prière du croyant, et pour satisfaire au plaisir de l’expérience esthétique de tous les autres.

3

[1] BRANDI 1933, p. 79.

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