‘Il Sodoma’, « Fiorenzo tenta di avvelenare Benedetto »

img_5932img_5933

Giovanni Antonio Bazzi, dit ‘Il Sodoma’ (Vercelli, 1477 – Sienne, 1549

Fiorenzo tenta di avvelenare Benedetto 

Fresque

Inscription (sous la fresque) :

  • éCOME FIORENZO TENTA DI AVVELENARE BENEDETTO » [1] 

Provenance : In situ

Abbazia di Monte Oliveto Maggiore, Cloître principal.

Un prêtre nommé Florent (Fiorenzo) habitait à proximité du monastère ou résidait alors Benoît, en face, précisément, de la fenêtre de la cellule de celui-ci. Jaloux des vertus du saint, ce qui n’est pas la meilleure manière de progresser soi-même vers la sainteté, Fiorenzo lui fait parvenir par son serviteur un pain empoisonné en guise d’aumône.

À l’arrière plan, près d’une petite église pourvue d’un clocher-mur, le serviteur est agenouillé devant Fiorenzo qui lui donne le pain à porter ; il apparaît également au premier plan, celui qui signifie à la fois la proximité spatiale et la proximité temporelle. Il offre maintenant l’aumône vicieuse qu’il présente dans un linge, et que Benoît accepte.

Mais Benoît, que Dieu inspire fréquemment, subodore un piège ; il ordonne à un corbeau qui vient quotidiennement recevoir du pain de sa main, de transporter ce pain plein de venin vers un endroit où personne ne pourra le trouver et prendre le risque de le manger. Au premier plan, l’anecdote du chat rejetant un morceau du pain qu’il vient d’engloutir n’est pas mentionnée dans le texte des Dialogues.

Benoît peut dorénavant prendre place à table et se nourrir des mets que lui apportent les frères.

« Comment Florent tente d’empoisonner Benoît. » L’épisode est relaté dans le Livre II des Dialogues, chapitre 9 :

« Comme le feu de l’amour de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ devenait dans cette région, toujours plus fort, toujours plus étendu, comme beaucoup quittaient la vie du siècle et se mettaient sous le joug du Rédempteur, comme, d’autre part, il est courant que les méchants jalousent le bien spirituel des autres, sans vouloir le posséder eux-mêmes, un prêtre de l’église voisine, du nom de Florent, aïeul de notre sous-diacre Florent, atteint par la malice de l’antique ennemi, se mit à envier les vaillantes entreprises du saint homme, à vilipender son genre de vie et à barrer la route, autant qu’il le pouvait, à ceux qui venaient le visiter.

Puis, voyant qu’il ne pouvait entraver la carrière d’un tel homme, que la renommée de sa vie prenait de l’ampleur, et que sans cesse de nombreux sujets se sentaient appelés à un genre de vie meilleure au seul bruit de ses louanges, les ardeurs de l’envie le consumaient toujours davantage et le rendaient d’autant plus méchant. Les louanges de cette sainte vie, il aurait aimé les recevoir, certes, mais mener une vie digne de louanges, il ne le voulait pas ! Cette jalousie ténébreuse l’aveugla à un tel point qu’il fit parvenir au serviteur du Dieu Tout-puissant un pain farci de poison sous couleur d’offrande bénite ! L’homme de Dieu le reçut avec action de grâce, mais la peste que recelait ce pain n’eut pas de secret pour lui.

Or, à l’heure de sa réfection, un corbeau avait coutume de venir de la forêt voisine pour prendre du pain dans sa main. Comme il arrivait donc, selon son habitude, l’homme de Dieu jeta devant lui le pain que le prêtre lui avait fait parvenir et il lui donna cet ordre : ‘Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, prends-moi ce pain et jette-le dans un endroit tel qu’aucun homme ne puisse le retrouver.’ Alors, ouvrant la bouche, étendant les ailes, le corbeau se mit à sautiller autour du pain et à émettre de petits croassements comme s’il lui disait en clair qu’il voulait bien lui obéir, mais qu’il ne pouvait accomplir cet ordre. Alors l’homme de Dieu, revenant à la charge lui dit à plusieurs reprises : ‘Pars, pars, sois tranquille, jette-moi ça dans un endroit impossible à trouver.’ Après de longues hésitations, le corbeau se résolut enfin à le prendre dans son bec, il s’envola et s’éloigna. Après un laps de temps de trois heures, le pain ayant été jeté, il revint, et l’homme de Dieu lui donna dans la main sa pitance accoutumée.

D’après http://www.abbayes.fr/lectio/Vie_Benoit/Introduction.htmn, consulté le 5 février 2020 et Volgarizzamento del Dialogo di San Gregorio, reproduit dans Enzo Carli, Le storie di San Benedetto a Monte Oliveto Maggiore, Cinisello Balsamo (Milano), 1980, pp. 161-180.