‘Il Sodoma’, « La campanella spezzata »

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Giovanni Antonio Bazzi, dit ‘Il Sodoma’ (Vercelli, 1477 – Sienne, 1549)

La campanella spezzata (La clochette brisée)

Fresque

Inscription (sous la fresque) :

  • « COME LO DIMONIO ROMPE LA CAMPANELLA » [1]

Provenance : In situ

Chiusdino (Asciano), Abbazia di Monte Oliveto Maggiore, Cloître principal.

La grotte dans laquelle Benoît s’est retiré, et où il demeurera en secret pendant trois ans pour y faire pénitence, est inaccessible. C’est pourquoi Romain, le moine que nous avons vu lui donner l’habit, s’est chargé d’apporter régulièrement à Benoît, entretemps devenu un jeune homme, la nourriture indispensable. A cet effet, il utilise un panier accroché à une corde qu’il fait glisser sur un morceau de bois fourchu, dispositif rudimentaire grâce auquel il peut faire descendre ce panier jusqu’au saint. Une clochette attachée à la corde permet à Romain de prévenir le jeune ermite de l’arrivée des provisions.

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Sur la gauche, suspendu dans les airs, et animé d’un mouvement frénétique tel qu’il brouille jusqu’aux contours de sa propre image, un diable aux ailes noires lève le bras droit pour lancer la pierre qu’il serre dans sa main ; dans un raccourci fréquent en peinture, celle-ci a déjà atteint la clochette qu’elle a brisée. Dans la rocaille qui entoure la grotte de l’ermite, le serpent de la tentation semble redresser la tête …

La scène est remarquable par la splendide présence du saint. Celui-ci est figuré avec un beau visage pénétré, les yeux tournés vers le ciel, le drapé de sa robe se détachant sur l’ombre de la grotte et donnant lieu à une correspondance formelle avec la roche dont les plis massifs ressemblent aux anfractuosités de la pierre.

Des plantes symboliques occupent le premier plan, tandis qu’au second, une source jaillit des rochers, alimentant un point d’eau auquel est venu s’abreuver un blaireau.

[1] « Comment le démon brise la clochette ». L’épisode n’est pas relaté dans les Dialogues.