Domenico Beccafumi, « Santa Elisabetta d’Ungheria »

Domenico di Pace, dit Domenico Beccafumi (Montaperti [Valdibiena], entre 1484 et 1486 – Sienne, 1551)

Santa Elisabetta d’Ungheria (Sainte Elisabeth de Hongrie), vers 1535-1537.

Tempera sur panneau, 40 x 30 cm. (cadre d’origine).

Provenance : Oratoire de San Bernardino, Sienne.

Sienne Pinacoteca Nazionale.

Il est dit que la reine Elisabeth de Hongrie, transportant dans son tablier des pains qu’elle destinait aux pauvres, vint un jour à croiser en chemin le roi de Thuringe, son époux. Celui-ci lui demandant ce qu’elle portait caché dans son tablier, elle découvrit, enfouis dans les plis de son vêtement, non pas les pains qu’elle y avait placés pour les distribuer, mais une brassée de roses des plus magnifiques. Voici pour la légende. Devenues symbole de charité, les roses sont également l’attribut de la sainte. Ce sont donc ces mêmes fleurs qu’il nous faut interpréter dans l’amas coloré et léger qu’elle porte devant elle.

Tout est dit avec peu de moyens. Les fleurs se résument à quelques taches colorées. La silhouette pourtant un peu courte de la sainte esquisse un mouvement d’une grâce qui paraît héritée de l’ère gothique (il est vrai que nous sommes à Sienne), et rien d’autre qu’une indéfinissable élégance n’exprime la royauté de cette princesse qui a revêtu une fois pour toutes l’habit franciscain. Comme dans tous les panneaux provenant du retable de l’Oratoire de San Bernardino, c’est la même lumière oblique qui éclaire un espace défini par les seules ombres venues gonfler les volumes en arrière de la sainte.