Ambrogio Lorenzetti, “Veduta della città di Roma » (1)

Ambrogio Lorenzetti (Sienne, vers 1290 – Sienne, 1348)

Veduta della città di Roma, 1334-1336.

Sinopia de la partie droite de la Veduta della città di Roma

Provenance : In situ.

Montesiepi (Chiusdino), Rotonde de San Galgano, Chapelle auxiliaire.

La plupart des fresques peintes dans la chapelle, en particulier celles visibles dans les lunettes, n’ont pas donné lieu à la découverte de sinopias lorsqu’elles ont été détachées des parois. Cela ne signifie certainement pas qu’aucun travail préparatoire n’ait été réalisé mais, plus probablement, que celui-ci n’a pas été réalisé sur l’arriccio (paroi du mur préalablement préparée). Une autre technique, telle que celle du poncif, permettant de dessiner directement sur l’intonaco, a été mise en œuvre après que cette couche d’enduit superficielle ait été posées sur l’arricio. De ce fait, aucune sinopie n’est réapparue lors du détachement des fresques.

Le vigoureux dessin a été tracé à sec sur le support mural à l’aide d’un pinceau imprégné d’eau et d’un pigment de couleur de terre rouge, d’un geste assuré dont les lignes conservent les traces de l’extraordinaire rapidité, exempte d’hésitations, et dont les nombreuses reprises visant à préciser les contours donnent le sentiment de regarder le peintre en action, dans l’énergie que ce geste donne à voir.

On note peu de différences entre le “croquis” que constitue la sinopia et l’œuvre aboutie, si ce n’est quelques changements de proportions et d’emplacements.

On reconnaît parfaitement, à la frontière gauche de l’image, le profil du pèlerin portant sa longue croix ; quant à Michel, il est présent a deux endroits différents, signe d’une hésitation et d’un repentir. La présence des deux enfants témoins de la scène n’était pas encore imaginée à ce stade.

Toute la largeur du mur, dans sa partie basse, était couverte par l’image de la ville éternelle telle qu’elle pourrait avoir été perçue par Galgano lors des visions qu’il en eut. La partie gauche de la ville, qui fait l’objet d’une analyse spécifique, était articulée avec celle de droite grâce à la vue du sommet d’un bâtiment cylindrique venu enjamber le cintre de la fenêtre centrale. Dans la fresque définitive, cet édifice deviendra un bâtiment qui, en s’étirant davantage en largeur, servira plus efficacement encore de trait d’union entre les deux parties de l’ensemble.