Fresque

Le travail de la fresque (de l’italien fresco : frais) consiste à exécuter une peinture sur un enduit de chaux encore humide (frais …), selon la technique traditionnelle.

Apposée sur un support de maçonnerie, la surface destinée à être peinte est constituée de deux strates successivement superposées :

  • l’arriccio : première des deux couches d’enduit nécessaires, l’arriccio est épais de quelques centimètres et d’aspect rugueux (d’où son nom italien) ; il est constitué d’un mortier grossier qui a principalement vocation à égaliser le support de maçonnerie ; c’est sur l’arricio que le peintre dessine l’esquisse de l’image qu’il va réaliser ; cette esquisse porte le nom sinopie ; avec le temps, le dessin de la sinopie a été remplacé par la technique du transfert au poncif, plus souple et plus simple à utiliser (voir ci-dessous)
  • l’intonaco : il s’agit de la couche supérieure destinée à recevoir directement les pigments appliqués au pinceau ; elle est constituée d’un mortier plus fin étalé sur une épaisseur d’environ 5 mm ; elle doit impérativement demeurer humide pendant toute la durée du travail (c’est la condition de l’imprégnation de la couleur dans l’épaisseur de l’enduit)

La technique dite du transfert au poncif, que les italiens appellent le spolvero (polvere : « poudre ») est réalisée de la manière suivante :

  • l’esquisse de l’œuvre est réalisée à l’échelle 1 sur un support souple (papier ou autre) appelé poncif
  • les lignes du dessin en grandeur réelle sur le poncif sont passés à la roulette (fine roue montée sur un manche et hérissée de pointes) afin d’obtenir des pointillés percés sur l’ensemble des contours des formes représentées
  • ce support est plaqué sur la couche d’intonaco encore humide
  • les contours pointillés sont alors tapotés à l’aide d’un chiffon empreint de pigment en poudre, de manière à transférer le dessin sur l’intonaco
  • une fois tous les contours transférés sur l’intonaco, le papier est ôté et le travail de la couleur peut commencer

L’achèvement de la peinture proprement dite est un travail qui nécessite de la rapidité, de manière à permettre aux pigments utilisés de pénétrer dans l’épaisseur de l’intonaco encore frais, véritable garantie de solidité et de résistance dans le temps.

Le lissage : après la pose des pigments, l’enduit est généralement pressé et lissé à l’aide d’une truelle afin de faire pénétrer au mieux les pigments dans l’enduit tout en permettant d’exprimer une fine pellicule transparente de chaux qui, en durcissant, assure la protection de la couche picturale  

Les retouches a secco : il est possible d’intervenir à nouveau sur la surface après séchage pour y effectuer certaines retouches permettant, par exemple, de préciser un détail. Cependant, les retouches effectuées à sec n’adhèrent pas aussi solidement au support et, avec le temps, ont tendance à se déliter et à se détacher, tout en laissant parfois deviner comme l’ombre de leur présence. Seules les fresques entièrement réalisées dans le frais ont une solidité suffisante pour résister aux usures du temps.

La journée : compte tenu du fait que la rapidité de l’exécution est indispensable, le travail du fresquiste est divisé en « journées », une journée correspondant généralement à quelques heures de travail effectif sur une surface nécessairement limitée compte tenu du fait qu’elle doit demeurer humide pendant toute la durée des opérations. Les contours des journées, qui sont visibles de près grâce aux jointures visibles qu’ils occasionnent sur l’enduit, permettent d’évaluer la durée qu’a nécessité la réalisation d’une fresque.