Colonne dans les ordres architecturaux classiques

En architecture, l’ordre détermine les proportions, les formes et l’ornementation de toutes les parties construites en élévation, en particulier les colonnes (sans que leur présence soit impérative), les pilastres, les entablements.

Les Grecs n’en reconnaissaient que trois : l’ordre dorique, l’ordre ionique et l’ordre corinthien ; les Romains en ont ajouté deux : l’ordre toscan et l’ordre composite ; l’Encyclopédie ajoute l’ordre « ionique moderne » aux cinq précédents.

« Architecture », planche tirée de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (« Chapiteaux des cinq Ordres avec le Chapiteau Ionique Moderne »).

S’agissant des colonnes, ce qui caractérise l’ordre auquel elles appartiennent est fondé sur :

  • leur rapport hauteur-largeur
  • l’articulation entre le stylobate et le fût de la colonne
  • leur galbe ou entasis
  • l’aspect de leurs cannelures
  • leur chapiteau
  • l’articulation entre le chapiteau et le fût de la colonne
  • la présence ou non d’une base et d’un tailloir (tablette carrée située au-dessus du chapiteau, sur laquelle repose l’architrave)
  1. L’ordre dorique est le plus ancien, et, d’une certaine manière, le plus parfait ; des trois ordres grecs, c’est aussi le plus sobre. La colonne possède vingt cannelures formant des arêtes vives, réduites à seize par les Romains qui ajoutèrent une base à la colonne (la colonne dorique la plus pure ne repose pas sur une base mais directement sur le stylobate). Le chapiteau tronconique est privé de tout ornement. Les proportions de la colonne auraient, selon Vitruve, été réglées sur celle de l’homme : « [Les Grecs] mesurèrent le pied d’un homme, et, trouvant qu’il était la huitième partie de la hauteur du corps, ils appliquèrent à leurs colonnes cette proportion : quel que fut le diamètre de la colonne à son pied, ils donnèrent à la tige, y compris le chapiteau, une hauteur égale à huit fois ce diamètre ».
  2. L’ordre ionique ajoute divers ornements (notamment deux volutes) au chapiteau, affine le profil de la colonne, augmente le nombre de cannelures (le fût en comporte vingt-quatre, plus profondes que les cannelures ioniques, et dépourvues d’arêtes vives) et donne à la base de celle-ci des moulures inconnues dans l’ordre dorique. La grâce et l’élégance qui caractérise l’ordre ionique est dû aux proportions adoptées, qui seraient réglées sur les caractéristiques plus délicates des proportions féminines.
  3. L’ordre corinthien est également d’origine grecque comme son nom l’indique. Il est déterminé par une grande profusion ornementale du chapiteau dont la hauteur est supérieure à celle des deux ordres précédents. Celui-ci possède une forme évasée ; il est décoré de deux rangées de feuilles d’acanthe qui empiètent sur les volutes héritées de l’ordre ionique.
  4. L’ordre toscan, contemporain de l’ordre dorique grec, en constitue également une version simplifiée (en l’absence de cannelures, le fût est lisse) que l’on rencontre dans l’architecture romaine antique (mais que Vitruve n’inclut pas dans la liste des ordres qu’il évoque)
  5. L’ordre composite, inconnu de l’Antiquité grecque, est apparu un peu avant le règne d’Auguste et a surtout été développé par les architectes de la Renaissance pour lesquels il constitue le cinquième des ordres classiques. Sebastiano Serlio (1475-1554) a publié les Sette libri d’architettura en 1537 où il est le deuxième à mentionner cet ordre non pas seulement comme une évolution de l’ordre corinthien composite mais comme un ordre en propre, comme précédemment suggéré Leon Battista Alberti qui, dans le De re aedificatoria (en français : De l’architecture) mentionne l’ordre composite en l’appelant « italique ». L’ordre composite combine un chapiteau aux volutes issues de l’ordre ionique avec les feuilles d’acanthe provenant de l’ordre corinthien.
  6. L’ordre « ionique moderne » donne des dimensions plus importantes aux volutes ioniques qui, comme dans l’ordre composite, ne sont plus parallèles.