Arbre de Jessé

« L’Arbre de Jessé », enluminure du Lectionnaire grec et latin du cardinal Charles de Bourbon, Paris, vers 1480-1482. Paris, BnF, Département des manuscrits.

L’Arbre de Jessé, image de la parenté du Christ et de la Vierge, est l’illustration, schématisée sous la forme d’un arbre généalogique, de la prophétie d’Isaïe : « Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur » [1]« Egredietur virga de radice Jesse et flos de radice eius ascendet / et requieset super eum spiritus Domini. » (Is 11, 1-2)..

Il faut se tourner vers les premiers versets de l’Évangile de Matthieu (Mt 1, 17) pour connaître, avec l’exactitude caractérisée de la légende, la généalogie du Christ. On y lit qu’à l’origine, se trouve Abraham, puis le roi David. Jésus serait donc, selon l’apôtre, le descendant des deux prophètes de l’Ancien Testament : « Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram,  Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa,  Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone. Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud,  Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations. »

L’exactitude parfaite de cette généalogie subit cependant de nombreuses variations dans les représentations qui en sont faites dans les arts plastiques (fresques, vitraux, bas-reliefs, enluminures) au Moyen âge.

ICONOGRAPHIE DE L’ARBRE DE JESSÉ

L’iconographie de l’Arbre de Jessé est fixée au milieu du XIIe siècle par le célèbre exemple du vitrail de Saint Denis, commandé par l’abbé Suger mais d’une élaboration plus ancienne. La tradition figurative a ajouté au texte d’Isaïe la représentation des rois de Juda qui interviennent entre Jessé et le Christ, tirée de la généalogie du Christ placée au début de l’Évangile de Matthieu. L’écriture mentionne vingt-six ancêtres, mais généralement le nombre de ces derniers, reproduits dans les œuvres, est inférieur et peut varier. Dans la tradition iconographique, la référence mariologique est progressivement mise en évidence, en vertu d’une légende selon laquelle Jessé, le père de David, aurait vu s’élever de sa poitrine un arbre qui présentait sa descendance, c’est-à-dire les géniteurs du Christ, sur les branches. Cette légende présente des similitudes avec l’Adam endormi du mythe biblique, de la côte duquel Eve a été tirée. Selon cette interprétation, Marie peut être comparée à la nouvelle Eve, qui répare l’erreur du premier [2]Alessandra Anselmi (a cura di), L’immacolata nei rapporti tra l’Italia e la Spagna. Roma, De Luca Editori d’Arte, 2008, p. 305..

Notes

Notes
1 « Egredietur virga de radice Jesse et flos de radice eius ascendet / et requieset super eum spiritus Domini. » (Is 11, 1-2).
2 Alessandra Anselmi (a cura di), L’immacolata nei rapporti tra l’Italia e la Spagna. Roma, De Luca Editori d’Arte, 2008, p. 305.
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