Domenico Beccafumi, « Il sacrificio di Seleuco di Locri »

Domenico Beccafumi (Valdibiena [Montaperti], entre 1484 et 1486 – Sienne, 1551)

Il sacrificio di Seleuco di Locri (Le sacrifice de Zaleucos de Locres), entre 1529 et 1535.

Fresque de la voûte de la salle du Consistoire.

Inscriptions :

  • (dans le cartouche sous la fresque) : « SELEVCVS LOCRENTIVM PRINCEPS » [1]

Provenance : In situ

Sienne, Palazzo Pubblico, Sala del Concistoro.

Le fils de Zaleucos de Locres [1] s’est rendu coupable du crime d’adultère, ce qui lui vaut d’être condamné à avoir les deux yeux crevés selon les lois écrites par son propre père. Les habitants de Locres, afin d’honorer leur législateur, veulent dispenser son fils de l’application stricte de la loi. Zaleucos refuse d’être à l’origine d’une telle entorse, puis, à force d’insistance de la part des Locriens, finit par se laisser convaincre mais en partie seulement. Il décide de se crever lui-même un œil et condamne son fils à la même peine, laissant ainsi à chacun d’eux l’usage de la vue. Cette histoire hautement exemplaire est reprise par Valère Maxime [2].

[1] Zaleucos ou Zaleucus de Locres (Locres Épizéphyrienne, cité grecque située dans l’actuelle commune de Locri, en Calabre) : législateur grec sans doute mythique. Il est considéré comme le premier véritable législateur du monde grec, autrement dit, comme le premier, au VIIe siècle av. J.-C., à avoir fixé la loi par écrit.

[2] « Rien ne fait voir plus d’énergie que ces autres exemples de justice que je vais raconter. Zaleucus avait donné à la ville de Locres les lois les plus salutaires et les plus utiles. Son fils, condamné pour adultère, devait, en vertu des lois dont il était lui-même l’auteur, être privé des deux yeux. Comme le peuple entier, en considération de son père, voulait exempter le jeune homme des rigueurs de la loi, Zaleucus résista quelque temps. A la fin, cédant aux prières du peuple, il se creva d’abord un oeil à lui-même, en creva ensuite un à son fils et laissa ainsi à l’un et à l’autre l’usage de la vue. De cette manière il satisfit à la loi sur la mesure du châtiment qu’elle imposait, en donnant, par une combinaison d’une admirable équité, une part de lui-même à la pitié paternelle, l’autre à la justice du législateur ». Valère Maxime, Faits et dits mémorables, VI, 5, 3.

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