Rea Silvia

La vestale Réa (ou Réha) Silvia, parfois aussi appelée Ilia [1], fille de Numitor [2], est la mère de Romulus et Rémus, les légendaires fondateurs de Rome conçus, selon les propos de la vestale rapportés par Tite-Live [3], lors de son union avec Mars, le dieu de la guerre dont elle a été aimée clandestinement. Bien que cette version soit généralement admise, « certains auteurs attribuent la paternité des deux jumeaux soit à un amant de rencontre, soit à l’oncle de Réa, Amulius, qui avait détrôné Numitor », le propre père de Réa. « Lorsqu’il devint évident qu’elle allait être mère, Amulius [4] la fit mettre en prison […]. Puis, ou bien elle fut tuée aussitôt après sa délivrance, ou bien elle mourut des mauvais traitements qui lui furent infligés, ou enfin, lorsque Romulus et Rémus eurent fait justice d’Amulius, elle se trouva délivrée par ses propres enfants […] [5] ».

Après la naissance des deux jumeaux, Réa Silvia fut, selon la version de la légende, tantôt mise à mort, tantôt emprisonnée.

[1] « Les uns la nomment Ilia, d’autres Réa, et quelques-uns Silvia. » Plutarque, Vies des hommes illustres, Romulus, 4. D’après Pierre Grimal, « certains mythographes antiques se sont efforcés de distinguer, dans les versions de la légende de la fondation de Rome, celles où elle était appelée Ilia […]. Selon eux, le nom d’Ilia serait réservé aux légendes dans lesquelles la mère de Romulus est la fille d’Énée et de Lavinia. Mais la légende demeure la même, qu’elle que soit la filiation. Rea-Ilia est toujours aimée de Mars qui lui donne les jumeaux, et Amulius, le roi d’Albe qui l’avait condamnée à être Vestale, par peur des enfants qu’elle pourrait avoir si elle se mariait, ou bien la garde prisonnière, ou bien la fait jeter au Tibre ». P. Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Paris, PUF, 3e éd., 1963, pp. 406-407 (article « Réa Silvia ») et pp. 228-229 (article « Ilia »).

[2] Dans la mythologie romaine, Numitor est roi de la légendaire ville latine d’Albe-la-Longue fondée par Ascagne, fils d’Énée.

[3] Tite-Live, Ab Urbe condita libri, I, 4, 2 : « Devenue par la violence mère de deux enfants, soit conviction, soit dessein d’ennoblir sa faute par la complicité d’un dieu, la Vestale attribue à Mars cette douteuse paternité ».

[4] Plutarque (Vies des hommes illustres, Romulus, 4) signale qu’elle pourrait avoir été violée par son oncle : « Quelques auteurs disent que c’était erreur chez elle : Amulius, qui lui avait ravi sa virginité, serait entré dans sa prison tout armé, pour lui faire violence. »

[4] Ayant été faite vestale par Amulius, son père, Réa se voyait interdire d’avoir des enfants sous peine de mort.

[5] Pierre Grimal, op. cit., p. 406.

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