Sano di Pietro, « Sano di Pietro Madonna col Bambino e i santi Benedetto, Cirino, Donato e Giustina »

Sano di Pietro (Sienne, 1405–1481)

Madonna col Bambino e i santi Benedetto, Cirino, Donato e Giustina (Vierge à l’Enfant et les saints Benoît, Cirinus, Donat et Justine), 1476.

Tempera et or sur panneau, 250 x 198 cm (le support peint seul).

Inscriptions :

  • (au bas de l’œuvre, sous la figure de Benoît) : « BENEDICTUS »
  • (au bas de l’œuvre, sous la figure de Cirinus) : « CIRINO »
  • (au bas de l’œuvre, sous la figure de Donat) : « DONATO »
  • (au bas de l’œuvre, sous la figure de Justine) : « GIUSTINA »

Provenance : In situ.

Abbadia Isola, Église abbatiale du Santo Salvatore et de San Cirino.

Le retable, tardif dans la carrière de Sano di Pietro, a été réalisé pour l’église d’Abbadia a Isola, sur commission de Don Benedetto et Don Francesco, tous deux religieux du monastère que l’on voit figurés aux pieds de la Vierge, à une échelle beaucoup plus petite pour des raisons d’ordre hiérarchique.

Les panneaux du registre principal réunissent une très solennelle sainte conversation. Chaque personnage occupe l’espace qui lui est alloué sur le support pictural. Trois des quatre saints en pieds, de gauche à droite les évêques Cirino et Donato, ainsi que Giustina, contemplent la Vierge portant l’enfant sur ses genoux, à l’exception de Benoît qui, plongé dans un exercice d’écriture spirituelle, se contente de faire acte de présence. Le fond d’or et la marche de marbre sur laquelle se tient tout le petit groupe se chargent de créer l’illusion d’un espace unifié, comme il convient. Dans le couronnement, le Christ, au centre, bénit l’assistance tandis que dans chacun des deux panneaux latéraux, l’archange et la Vierge échangent à distance en même temps que le miracle annoncé s’accomplit.

La partie centrale est occupée par trois médaillons dans lesquels la figure de l’Ecce Homo est encadrée par les deux dolents que sont Marie et Jean l’évangéliste. Marie répète le geste de présentation que l’on lui voyait faire dans les images du Trecento héritées du prototype byzantin de l’Hodigitria. Ce n’est plus le tout jeune enfant divin qu’elle nous présente ici, mais ce même fils qui vient de mourrir sur la croix. Jean, trop sensible au spectacle, détourne son regard. Cette machinerie bien huilée pourrait être un peu ennuyeuse, ou répétitive. Pourtant, le charme de Sano di Pietro continue à opérer, ce d’autant plus que le meilleur est à venir. Tournons-nous maintenant vers les autres compartiments de la prédelle pour en avoir le coeur net.

Ces quatre compartiments rectangulaires rachètent sans difficulté le prix de l’impatience qu’a peut-être éprouvé le spectateur jusqu’ici. Il s’agit de quatre saynètes illustrant un épisode saillant de la vie de chacun des quatre saints que nous avons pu observer plus haut, dans le registre principal :

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2
3
4