Dionysos (Bacchus)

Dieu grec de la vigne, du vin et de ses excès, ainsi que de la folie et de la démesure, il est, selon la légende, né de la foudre (Zeus) frappant la terre (Sémélé), ce qui fit de lui un « fils du Ciel ». Le fait que les Grecs considéraient la foudre comme le principal géniteur du feu (la terre nourricière n’ayant qu’un rôle passif) explique le mythe de Dionysos sortant de la cuisse de Zeus. Ce dernier, engagé par un serment qu’il ne peut esquiver, se présente à contre-cœur devant Sémélé, entouré d’un éclat insoutenable pour une simple mortelle, laquelle périt aussitôt, foudroyée. [1]OVIDE, Métamorphoses, III, 287-309. Texte dans l’article Sémélé.. Toutefois, Jupiter (Zeus) fait coudre dans sa cuisse le fétus (le futur Dionysos [Bacchus]) que portait Sémélé, pour lui permettre d’atteindre la fin de la gestation. À sa naissance, l’enfant sera élevé par Ino, sœur de Sémélé, puis par les nymphes de Nysa, montagne mythique réputée située en Béotie, au centre de la Grèce. [2]La légende racontée, notamment, par Ovide est résumée ainsi dans un célèbre Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines : « Sémélé fut aimée de Zeus ; Héra jalouse se présenta à elle sous les traits de sa nourrice Béroé, ou d’une amie, et lui persuada de demander à Zeus de se manifester à elle dans tout l’appareil de sa puissance. Cédant à ses prières, le … Poursuivre

Dionysos prend le nom de Bacchus chez les Romains.

Notes

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1 OVIDE, Métamorphoses, III, 287-309. Texte dans l’article Sémélé.
2 La légende racontée, notamment, par Ovide est résumée ainsi dans un célèbre Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines : « Sémélé fut aimée de Zeus ; Héra jalouse se présenta à elle sous les traits de sa nourrice Béroé, ou d’une amie, et lui persuada de demander à Zeus de se manifester à elle dans tout l’appareil de sa puissance. Cédant à ses prières, le dieu se montra environné de ses tonnerres, dont les flammes dévorèrent la fille de Cadmus, qui portait dans son sein le fruit de l’amour du roi des dieux. Zeus en retira cet enfant encore imparfaitement formé. […] C’est d’après cet épisode essentiel que le fils de Sémélé est appelé Purigenês, Ignigena, celui qui est né au milieu du feu. Ayant ainsi sauvé l’enfant de Sémélé morte, Zeus l’enferma dans sa cuisse jusqu’à la fin du temps qui eût été celui de la grossesse naturelle et, après l’y avoir ainsi nourri, le rendit au jour. De là les qualifications de Mêrotrophês, celui qui a été nourri dans la cuisse, Mêrorraphês ou Eiraphiôtês, celui qui y a été cousu. Les Thébains montraient dans leur ville le tombeau de Sémélé. D’après quelques récits, Zeus aurait placé dans l’Olympe aussitôt après sa mort la fille de Cadmus, mais d’ordinaire on ne l’y fait introduire que plus tard par son fils. Tel est le mythe de la double naissance de Dionysos, à laquelle font allusion ses surnoms de Dithurambos, qui est sorti deux fois, Dithyrambogenês, Dimêtôr, aux deux mères, et Dissotokos, deux fois né. Sémélé, la terre, est fécondée par le dieu du ciel, producteur des pluies du printemps [Jupiter], la manifestation de ce dieu est accompagnée du tonnerre ; le fruit que la terre produit sous l’action de son eau céleste naît imparfait, il faut qu’il grossisse et parvienne à maturité ; jusqu’à ce moment le dieu l’enveloppe dans ses brouillards qui le nourrissent et le développent. Quand les attributions du dieu se sont ensuite agrandies, quand il a représenté dans sa généralité le principe humide produisant la fertilité, le symbolisme de cette histoire ne s’est plus trouvé aussi rigoureusement précis, car alors on envisageait surtout la naissance de Dionysos comme représentant l’eau céleste qui tombe sur la terre au milieu du fracas des orages. »

François Lenormant, « Dionysos », dans Charles Victor Daremberg et Edmond Saglio (dir.), Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d’après les textes et les monuments contenant l’explication des termes qui se rapportent aux mœurs, aux institutions, à la religion, aux arts, aux sciences, au costume, au mobilier, à la guerre, à la marine, aux métiers, au monnaies, poids et mesures, etc. et en général à la vie publique et privée des anciens, 10 vol. Paris, Hachette, 1877-1919.

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