Sémélé est une héroïne divinisée de la mythologie grecque, fille d’Harmonie [1]Harmonie est elle-même fille de d’Arès et Aphrodite. et de Cadmos, roi-fondateur légendaire de la cité de Thèbes ; est est aussi l’une des conquêtes amoureuses de Zeus. La légende thébaine raconte qu’un beau jour, Zeus l’aperçut dans la rivière Asopos en train de se laver du sang d’un taureau qu’elle venait de sacrifier sur l’autel du dieu [2]Sémélé est aussi prêtresse de Zeus.. Celui-ci en tomba amoureux sur le coup et revint plusieurs fois partager secrètement sa couche, sans jamais apparaitre sous sa forme habituelle. [3]Hygin donne une version bien différente de la légende. Dionysos, appelé Liber, était le fils de Zeus et Perséphone. Il fut tué par les Titans. Zeus récupéra son cœur et le mélangea à une boisson qu’il offrit à Sémélé ou bien il but lui-même cette boisson et féconda par la suite Sémélé. C’est pour cela qu’on trouve parfois le surnom de Dimetor (deux mères) … Poursuivre
Héra, ayant découvert l’infidélité de son mari, se vengea de Sémélé en prenant l’apparence d’une de ses servantes pour la tromper et la convaincre de demander à Zeus qu’il lui révèle son véritable aspect divin. Le choc fut brutal et, bien entendu, mortel pour Sémélé. Zeus récupéra l’enfant qu’elle portait de lui et le mena à terme dans sa cuisse. Ainsi naquit Dionysos. [4]Ovide raconte ainsi l’épisode : « […] Seule l’épouse de Jupiter n’émet ni accusation ni blâme. […] elle déplore que Sémélè soit grosse de la semence du grand Jupiter. Elle se prépare à une nouvelle dispute, puis se dit : « Mais qu’ai-je donc gagné à toutes ces querelles ? C’est à la fille même que je dois m’en prendre ; je causerai sa perte … Poursuivre Plus tard, ce dernier alla délivrer sa mère des Enfers, la renommant Thyoné.
Selon la tradition thébaine, la mère du dieu Dionysos, et est également connue sous le nom de Thyoné qu’elle prit lorsqu’elle accéda à l’Olympe après avoir été délivrée des Enfers par son fils, Dionysos.
Notes
| 1↑ | Harmonie est elle-même fille de d’Arès et Aphrodite. |
|---|---|
| 2↑ | Sémélé est aussi prêtresse de Zeus. |
| 3↑ | Hygin donne une version bien différente de la légende. Dionysos, appelé Liber, était le fils de Zeus et Perséphone. Il fut tué par les Titans. Zeus récupéra son cœur et le mélangea à une boisson qu’il offrit à Sémélé ou bien il but lui-même cette boisson et féconda par la suite Sémélé. C’est pour cela qu’on trouve parfois le surnom de Dimetor (deux mères) accolé à Dionysos. |
| 4↑ | Ovide raconte ainsi l’épisode : « […] Seule l’épouse de Jupiter n’émet ni accusation ni blâme. […] elle déplore que Sémélè soit grosse de la semence du grand Jupiter. Elle se prépare à une nouvelle dispute, puis se dit : « Mais qu’ai-je donc gagné à toutes ces querelles ? C’est à la fille même que je dois m’en prendre ; je causerai sa perte à elle, si c’est avec raison qu’on m’appelle la grande Junon, si ma droite a le droit de tenir un sceptre serti de pierreries, si je suis reine, épouse et sœur du grand Jupiter, sa sœur en tout cas. Mais, j’y pense, une union furtive lui a-t-elle suffi, l’insulte à notre couche fut-elle brève ? Non, elle attend un enfant; cela manquait encore ; son ventre rebondi fournit la preuve de son crime et, alors que j’ai à peine connu ce bonheur, elle veut être mère, du fait du seul Jupiter : tant elle est sûre de sa beauté. Je ferai qu’elle soit déçue. Et je ne suis pas la fille de Saturne, si elle ne pénètre dans les eaux du Styx, engloutie par son Jupiter. » Sur ce, elle se leva de son siège et, cachée sous une nuée fauve, se rendit à la porte de Sémélè. Avant de dissiper le nuage, elle prit les traits d’une vieille, se couvrit les tempes couvrit les tempes de cheveux blancs, traça des rides sur sa peau, déplaça ses membres déformés d’un pas tremblant et prit aussi une voix de vieille femme. Elle était Béroé en personne, la nourrice épidaurienne de Sémélè. Ainsi, lorsque, après une conversation longue et enjouée, elles en vinrent à citer le nom de Jupiter, la déesse soupira et dit : « Pourvu que ce soit Jupiter ; pourtant, tout me fait peur : que d’hommes sont entrés dans de chastes couches, en se disant dieux. Mais il ne suffit pas qu’il soit Jupiter : qu’il te donne un gage d’amour, si du moins il est le vrai Jupiter ; demande-lui de te montrer la grandeur et les qualités qu’il a quand l’accueille la noble Junon, et que pour une étreinte d’amour, il revête ses insignes propres ! » Ces propos de Junon avaient travaillé l’esprit naif de la fille de Cadmus. Elle demande à Jupiter un présent, sans plus de précision. Le dieu lui dit : « Choisis, tu ne subiras aucun refus, et pour mieux te convaincre, je prends même à témoin le Styx brûlant et sa puissance divine, ce dieu que redoutent les dieux eux-mêmes. » Heureuse de son futur malheur, trop puissante, Sémélè, qu’allait perdre la complaisance de son amant, dit : « Donne-toi à moi, paré comme tu l’es d’habitude lorsque tu étreins la Saturnienne, quand vous engagez les ébats de Vénus » ! Le dieu voulut l’interrompre en lui pressant la bouche ; mais déjà sa voix pressée s’était envolée. Il gémit ; car, on ne peut faire en sorte qu’elle n’ait pas souhaité cela, et que lui n’ait pas fait de serment. Dès lors, plein de tristesse, il regagne les hauteurs de l’éther, et d’un signe de son visage, il attire à sa suite les nuages, y ajoute orages et éclairs mêlés aux vents, tonnerre et foudre imparable. Cependant, dans la mesure où il le peut, il essaie de réduire sa force. Il ne s’est pas armé cette fois du feu qui lui servit à abattre Typhée aux cent mains : ce feu recèle trop de cruauté sauvage. Il existe une autre foudre, plus légère, que la main des Cyclopes a dotée de moins de cruauté et de flamme, de moins de colère : les dieux l’appellent « la foudre seconde ». Il s’en saisit et pénètre dans la demeure d’Agénor. Le corps de cette mortelle ne supporta pas le fracas de l’éther et se consuma, brûlé par le présent d’un époux. Le fœtus de l’enfant encore imparfait est arraché au ventre maternel et, frêle embryon, est cousu dans la cuisse de son père, – si du moins on peut croire cela -, où il acheva son temps de gestation. Dans sa prime enfance, sa tante maternelle, Ino, l’éleva en secret ; ensuite, elle le confia aux nymphes de Nysa qui le cachèrent dans leurs grottes et lui donnèrent du lait pour le nourrir. »
OVIDE, Métamorphoses, III, 253-286 (trad. et notes de Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet, Bruxelles, 2006. |
