Gorgonéion

Dans la Grèce antique, le Gorgonéion était une amulette apotropaïque [1]Apotropaïque : qui conjure le mauvais sort et/où vise à détourner les influences maléfiques. représentant la tête de Gorgone, portée principalement par Athéna et Zeus.

Monique Halm-Tisserant, spécialiste de l’archéologie et de l’histoire de l’art grecques, observe que les descriptions du gorgonéion aux chants V et XI de l’Iliade “font problème dès que l’on tente de restituer graphiquement le décor sur le bouclier d’Agamemnon et sur l’égide. Comme l’iconographie du haut archaïsme ignore le motif, on considère quelquefois ces passages du texte homérique comme interpolés. Dans Ylliade, l’égide demeure l’arme cosmique de Zeus qu’il prête occasionnellement à Apollon et à Athéna. Elle n’appartient en propre à Athéna que dans l’imagerie, au moment où le gorgonéion emblématique est inséré dans la panoplie de la déesse, vers 550-530. L’introduction de ce signe magique, dans les représentations vasculaires [2]Représentations vasculaires : peintes sur les vases. et dans la petite plastique [3]La plastique est, chez les Grecs, le nom donné à toutes les branches de la sculpture et, plus largement, à toute imitation du corps humain. La terminologie « petite plastique » recouvre des œuvres de petits formats, en terre cuite, ivoire, bronze, etc., coïncide avec l’avènement de Pisistrate [4]Pisistrate (vers 600 – 527 av. J.-C.) : homme d’État athénien, d’origine noble, il s’empara du pouvoir par la ruse, en occupant l’Acropole (561 av. J.-C), et fut, à partir de cette date et jusqu’à sa mort, le premier tyran d’Athènes. et relève de la propagande politique du tyran qui se réclame du patronage de la déesse poliade. Les textes homériques ont dû être remaniés à cette époque pour les rendre conformes à la nouvelle image d’Athéna [5]Monique Halm-Tisserant, “Le Gorgonéion, emblème d’Athéna. Introduction du motif sur le bouclier et l’égide”. Revue Archéologique, no. 2, 1986, pp. 245–278. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/41736375. Accessed 11 June 2021. ”.

Notes

Notes
1 Apotropaïque : qui conjure le mauvais sort et/où vise à détourner les influences maléfiques.
2 Représentations vasculaires : peintes sur les vases.
3 La plastique est, chez les Grecs, le nom donné à toutes les branches de la sculpture et, plus largement, à toute imitation du corps humain. La terminologie « petite plastique » recouvre des œuvres de petits formats, en terre cuite, ivoire, bronze, etc.
4 Pisistrate (vers 600 – 527 av. J.-C.) : homme d’État athénien, d’origine noble, il s’empara du pouvoir par la ruse, en occupant l’Acropole (561 av. J.-C), et fut, à partir de cette date et jusqu’à sa mort, le premier tyran d’Athènes.
5 Monique Halm-Tisserant, “Le Gorgonéion, emblème d’Athéna. Introduction du motif sur le bouclier et l’égide”. Revue Archéologique, no. 2, 1986, pp. 245–278. JSTOR, http://www.jstor.org/stable/41736375. Accessed 11 June 2021.