Domenico di Niccolò ‘dei Cori’, « Gesù Bambino benedicente »

Domenico di Niccolò ‘dei Cori’ (Sienne, documenté de 1382 à 1450)

Gesù Bambino benedicente (L’Enfant-Jésus bénissant), v. 1415.

Bois sculpté, peint et doré, h. : 48 cm.

Inscriptions : /

Provenance : acquis d’une collection privée par le Monte dei Paschi di Siena en 2002.

Sienne, Palazzo Salimbeni, collezione Monte dei Paschi di Siena, inv. 504297.

Sculpté au début du XVe siècle, cet Enfant-Jésus bénissant, conçu à l’origine pour être exposé à la vénération des fidèles lors de la célébration de Noël [1]On notera l’usure particulière de la couleur et du modelé due à l’effet répété, particulièrement visible près des pieds du personnage, des baisers déposés par les fidèles sur la fragile statuette., est l’œuvre du Siennois Domenico di Niccolò [2]Avec Jacopo della Quercia et Francesco di Valdambrino, Domenico di Niccolò ‘dei Cori’ compta parmi les protagonistes de la sculpture gothique tardive., actif à Sienne entre la fin du XIVe et les premières décennies du siècle suivant. L’Enfant divin, traité en ronde-bosse dans un unique tronc de bois non évidé, est parvenu jusqu’à nous en bon état, à l’exception d’une fissure longitudinale due au mouvement naturel du matériau au dos de l’œuvre. Une restauration, réalisée en 1996, a permis de récupérer la polychromie d’origine sous une couche de repeint [3]Veronica Randon, « Paolo di Giovanni Fei ‘dipintore del Terzo di Città’ », dans Alessandro Bagnoli, Silvia Colucci, Veronica Randon (dir.), Il Crocifisso con i dolenti in umiltà di Paolo di Giovanni Fei: un capolavoro riscoperto, Sienne, Nuova Immagine, 2005, p. 51.. A l’occasion de cette restauration, menée par Nicoletta Marcolongo et Angela Tascioni, Alessandro Bagnoli a proposé le nom de Domenico di Niccolò ‘dei Cori’. Par la suite, arguant de cette attribution à l’époque de l’acquisition de l’œuvre par la Banque siennoise, Bagnoli a proposé de la rapprocher des sculptures sur bois des Dolenti aujourd’hui conservées au Museo dell’Opera del Duomo di Sienne, commandée par l’ouvrier de la cathédrale Caterino di Corsino et sculptée, avec la collaboration du peintre Martino di Bartolomeo, auteur de la polychromie, entre 1414 et 1415 (sur les deux sculptures voir G. Milanesi 1854-1856, II, p. 239 ; Pelèo Bacci, Jacopo della Quercia. Nuovi documenti e commenti, Sienne, Libreria editrice senese, 1929, pp. 52-58, 71-75 ; Alessandro Bagnoli, Scultura dipinta. Maestri del legname e pittori a Siena, 1250-1450, Florence, Centro Di, 1987, pp. 116- 118 , cat. 26 a-b ; Silvia Colucci, dans Da Jacopo della Quercia a Donatello, 2010, pp. 90-91, cat. A.26.)).

Enveloppé dans un lange qui le recouvre des pieds jusqu’au torse, l’Enfant-Jésus, debout sur une petite base quadrangulaire, se présente en souriant à l’observateur, dans l’acte de bénédiction. Le modelé délicat et la douceur des carnations soulignent le naturalisme de l’Enfant. Attentif au rendu naturel de sa silhouette, Domenico di Niccolò lui donne la vivacité d’un véritable enfant qui, en effectuant des mouvements opposés, semble vouloir desserrer l’emprise des bandages qui l’entravent.​​

Selon Bagnoli, l’exécution de l’œuvre se situe au cours des premières années du XVe siècle (v. 1415), au regard des relations stylistiques qui lient la charmante figure aux deux autres œuvres importantes du sculpteur siennois. Les similitudes apparaissent clairement en comparant d’infimes détails tels que la fente de la bouche ou des yeux. Par ailleurs, l’ expressivité et le rendu naturaliste de la figure sont parfaitement similaires, surtout dans la manière de disposer sur le corps de l’Enfant les longues bandes de tissu qui, à l’opposé des simplifications typiques de certains exemples plus anciens, se dénouent mollement en formant une série de spirales plus ou moins adhérentes au petit corps en mouvement [4]Alessandro Bagnoli, Sculpture dipinte, 2005, p. . L’œuvre évoquée n’était pas la seule de ce type qu’ait sculptée Domenico di Niccolò : un paiement reçu en 1408 de l’Opera del Duomo témoigne, en effet, de l’exécution d’un autre Enfant-Jésus, malheureusement perdu aujourd’hui, qui devait répondre à l’iconographie du Sauveur enfant assis (Gabriele Fattorini, Da Jacopo della Quercia a Donatello, Milan, Federico Motta Editore, 2010, pp. 392-393, cat. E.16 ; Gabriele Fattorini, dans  Vittorio Natale (dir.), Scultura lignea dal Medioevo al Rinascimento. Aggiunte al catalogo di antichi maestri e nuove proposte, Biella, Eventi & Progetti Editore, 2010, p. 31, note 1 ; Monika Butzek (dir.), Gli inventari della sagrestia della Cattedrale senese e degli altri beni sottoposti alla tutela dell’operaio del Duomo (1389-1546), Die Kirchen von Siena, Kunsthistorisches Institut in Florenz – Max-Planck-Institut, 2012, p. 13 et 51, note 20).

Notes

Notes
1 On notera l’usure particulière de la couleur et du modelé due à l’effet répété, particulièrement visible près des pieds du personnage, des baisers déposés par les fidèles sur la fragile statuette.
2 Avec Jacopo della Quercia et Francesco di Valdambrino, Domenico di Niccolò ‘dei Cori’ compta parmi les protagonistes de la sculpture gothique tardive.
3 Veronica Randon, « Paolo di Giovanni Fei ‘dipintore del Terzo di Città’ », dans Alessandro Bagnoli, Silvia Colucci, Veronica Randon (dir.), Il Crocifisso con i dolenti in umiltà di Paolo di Giovanni Fei: un capolavoro riscoperto, Sienne, Nuova Immagine, 2005, p. 51.
4 Alessandro Bagnoli, Sculpture dipinte, 2005, p.

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