Grancia di Cuna

Grange de Cuna

Via Cassia Nord, 1444. More di Cuna (Monteroni d’Arbia).

La Grange de Cuna, ferme monumentale, fortifiée dès 1366, administrait, pour le compte de l’hôpital de Santa Maria della Scala, le moulin de Monteroni, « principal centre de production de la farine envoyée à Sienne » [1]Mario Ascheri, Lo spazio storico di Siena, Cinisello Balsamo, Fondazione Monte del Paschi, 2001, p. 81.. L’ensemble, visible depuis la via Cassia, qui reliait – et relie encore – Sienne à Rome, bien qu’impossible à visiter en raison d’une importante restauration commencée en 2014, et toujours en cours actuellement, mérite de faire un court détour : l’approcher est le meilleur moyen d’apprécier la splendeur et l’échelle monumentale des constructions qui constituent cette exceptionnelle ferme médiévale.

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Dès les XIIe-XIIIe siècles, l’hôpital siennois de Santa Maria della Scala a commencé à s’intéresser au bourg de Poggio di Cuna, où en 1152, existait déjà un hôpital sur la Via Francigena. Tout au long du XIIIe siècle, l’hôpital rassemble la plupart de ses possessions dans le Val d’Arbia et en 1295 Ristoro Menghi di Giunta, recteur de l’institution hospitalière, achete le poggiarello dit de Cuna et Castelluccio. Suite au legs des biens de Ristoro, il est décidé de construire une grande ferme à Cuna. Son successeur, Giovanni de’ Tolomei, commence probablement la construction de la grancia en 1314 avec la réhabilitation de l’église voisine des Saints Giacomo et Cristoforo. Au XIVe siècle, en raison de l’incertitude politique et militaire, l’hôpital, pour protéger ses réserves de céréales, est contraint de fortifier les bâtiments au moyen d’interventions appelées à devenir des éléments distinctifs et récurrents dans la typologie de ses possessions agricoles dans le contado de Sienne.

Le complexe architectural, dans lequel domine la brique, se compose de plusieurs bâtiments réunis dans l’enceinte des murs pour former un bloc rectangulaire comportant une cour intérieure en forme de « L» qui dessert les locaux et les entrepôts ; les volumes des constructions diffèrent les uns des autres par leur hauteur et par leurs dimensions planimétriques. Ils sont agencés pour former un ensemble compact autour du corps de logis principal, sorte de grand parallélépipède à quatre étages de plan rectangulaire et couvert d’un toit à deux versants. Le noyau d’origine est constitué de la maison-tour située dans une position centrale par rapport à l’ensemble architectural, et caractérisée par la structure compacte des greniers et des deux tours placées aux angles du côté sud. Les traces d’un chemin de ronde sont encore reconnaissables, munies d’un système défensif composé de fentes permettant l’usage des arquebuses et de bretèches. Ce chemin de ronde fait partie d’un premier mur datant du XVIe siècle, distinct du second, qui comprenait l’actuel village et dont il reste la porte d’entrée. Adossées aux murs, des maisons d’habitation ont été construites par la suite. Elles occupaient l’espace compris entre les murs d’enceinte et la ferme. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, les couvertures de la ferme et des tours seront construites en les superposant aux remparts préexistants. L’ajout de l’imposante maison de maître, construite entre la maison-tour et les premiers murs, remonte au XVIIe siècle, tandis qu’au début du XVIIIe siècle, est construite la rampe sinueuse menant aux greniers.

Notes

Notes
1 Mario Ascheri, Lo spazio storico di Siena, Cinisello Balsamo, Fondazione Monte del Paschi, 2001, p. 81.
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